Le « bon vieux » DC-8 de la NASA laisse place à un nouvel avion bien plus moderne pour les expérimentations scientifiques dans la stratosphère

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Un ancien long-courrier de ligne va désormais traquer les tempêtes, les vortex polaires, les variations de l’atmosphère et les signes vitaux de notre planète.

Après une lourde transformation menée au Texas par L3Harris, le Boeing 777 de la NASA est arrivé au Langley Research Center, en Virginie, où il va prendre la relève du mythique DC-8 scientifique.

Son premier grand rendez-vous est déjà fixé : janvier 2027, avec la mission NURTURE, consacrée aux phénomènes météo extrêmes de l’hiver !

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La NASA vient de transformer un Boeing 777 en laboratoire volant géant, capable d’embarquer l’équivalent de plusieurs camions de matériel scientifique jusqu’aux frontières de la stratosphère

Un Boeing 777 qui change complètement de vie des scientifiques de la NASA

La NASA a acquis ce Boeing 777 en 2022 pour remplacer son DC-8, un vétéran des campagnes scientifiques aériennes, retiré après plusieurs décennies de service. Le défi était de taille : il ne suffisait pas de repeindre l’avion aux couleurs de l’agence spatiale. Il fallait en faire un vrai laboratoire volant.

Depuis janvier 2025, L3Harris Technologies a donc mené une transformation lourde : ouvertures dans le fuselage, hublots agrandis pour l’observation, ports ventraux pour les instruments regardant vers le sol, renforts structurels, stations de recherche à bord, câblage électrique et informatique dédié.

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Un laboratoire de 34 tonnes au-dessus des nuages

Le nouvel avion scientifique de la NASA pourra voler jusqu’à environ 13 100 mètres d’altitude, rester en l’air 18 heures, parcourir jusqu’à 16 700 kilomètres, et embarquer jusqu’à 34 tonnes de charge utile.
Il pourra  en outre accueillir 50 à 100 opérateurs, chercheurs et ingénieurs selon les missions.

C’est donc une plateforme scientifique complète, capable de partir loin, longtemps, avec beaucoup d’instruments et une équipe nombreuse. Pour les chercheurs, cela veut dire plus besoin de choisir entre emporter un capteur de chimie atmosphérique, un lidar ou un spectromètre.

Le 777 peut en embarquer plusieurs à la fois, les faire fonctionner ensemble, puis comparer les mesures en direct.

Depuis janvier 2025, le Boeing 777 modifié pour la NASA est au Texas pour des améliorations matérielles et structurelles en vue de ses missions scientifiques.
Depuis janvier 2025, le Boeing 777 modifié pour la NASA est au Texas pour des améliorations matérielles et structurelles en vue de ses missions scientifiques.

Pourquoi voler en Boeing 777 quand on a déjà des satellites ?

La question est légitime. La NASA possède déjà des satellites capables d’observer la Terre depuis l’espace. Alors pourquoi envoyer un avion ?

Parce qu’un satellite voit très large, mais pas toujours très finement. Un avion, lui, peut se placer exactement au bon endroit, au bon moment, avec les bons instruments. Il peut voler sous les nuages, au-dessus des tempêtes, le long d’un front météo ou au-dessus d’une zone polaire difficile à mesurer depuis le sol.

Il sert aussi à valider les données satellites. Les avions scientifiques permettent de comparer les mesures prises en altitude avec celles recueillies depuis l’orbite. La NASA indique que ce 777 servira notamment à la calibration des capteurs satellites, à la validation des produits de données et à l’étude des processus du système Terre.

Le ciel devient alors une sorte de laboratoire intermédiaire, entre le terrain et l’espace.

Les hublots élargis du Boeing 777 de la NASA serviront de dispositifs d'observation pour divers capteurs d'instruments scientifiques. Les modifications apportées au fuselage de l'appareil dans l'usine L3Harris de Waco nécessitent un soutien important afin de garantir l'alignement de l'avion lors du remontage.
Les hublots élargis du Boeing 777 de la NASA serviront de dispositifs d’observation pour divers capteurs d’instruments scientifiques. Les modifications apportées au fuselage de l’appareil dans l’usine L3Harris de Waco nécessitent un soutien important afin de garantir l’alignement de l’avion lors du remontage.

NURTURE, première mission dans les colères de l’hiver

La première grande mission du 777 s’appellera NURTURE, pour North American Upstream Feature-Resolving and Tropopause Uncertainty Reconnaissance Experiment. Derrière ce nom à rallonge, typique de la NASA, se cache un objectif très concret : mieux comprendre les épisodes météo hivernaux violents.

Prévue pour janvier 2027, cette campagne doit collecter des données atmosphériques entre l’Amérique du Nord, l’Europe, le Groenland, l’Arctique et l’Atlantique Nord. La NASA veut notamment étudier les vortex polaires de tropopause, des structures atmosphériques difficiles à observer, capables d’influencer les vagues de froid, les tempêtes de neige, les épisodes de verglas et les mers dangereuses.

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Le successeur d’un avion légendaire

Le DC-8 de la NASA avait une réputation à part. Pendant près de quarante ans, il a volé au-dessus des glaces polaires, des océans, des volcans, des incendies et des grandes campagnes atmosphériques. Il était vieux, bruyant, gourmand, mais précieux. Un vieux camion de pompier scientifique, increvable !

Le 777 prend sa suite du « bon vieux » DC-8 mais son héritage perdurera.

Le Boeing 777 scientifique de la NASA en chiffres
Caractéristique Donnée clé Ce que cela change
Altitude maximale 43 000 pieds, environ 13 100 m Observation au-dessus d’une grande partie de la météo active
Endurance Jusqu’à 18 h de vol Suivi long de tempêtes, fronts météo ou zones polaires
Rayon d’action 9 000 miles nautiques, environ 16 700 km Accès aux régions isolées sans multiplier les escales
Charge utile scientifique 75 000 livres, environ 34 t Possibilité d’embarquer plusieurs instruments lourds en même temps
Équipe embarquée 50 à 100 opérateurs Analyse, pilotage des instruments et ajustements en temps réel

Sources :

  • NASA, DC-8 Airborne Science Laboratory (2 juillet 2015),

    DC-8 Airborne Science Laboratory


    page officielle présentant l’ancien avion de recherche DC-8 de la NASA, ses capacités scientifiques, ses missions et son rôle dans l’étude de l’atmosphère et de la Terre.

  • L3Harris Technologies, NASA receives L3Harris modified next-generation research aircraft (22 avril 2026),
    https://www.l3harris.com/newsroom/press-release/2026/04/nasa-receives-l3harris-modified-next-generation-research-aircraft
    communiqué annonçant la livraison à la NASA d’un nouvel avion de recherche de nouvelle génération modifié par L3Harris, destiné à remplacer le DC-8 et à améliorer les capacités scientifiques aéroportées.

Image de mise en avant :

Le Douglas DC-8 transformé en laboratoire volant par la NASA a servi pendant près de quatre décennies à explorer l’atmosphère et la planète.
Baptisé DC-8 Airborne Science Laboratory, cet avion exploité entre 1987 et 2024 a participé à 158 campagnes scientifiques, allant de l’étude du climat aux mesures de pollution, en passant par les essais de capteurs spatiaux et le suivi de missions.
Profondément modifié, il embarquait des instruments sur la cellule, sous les ailes et à l’intérieur de la cabine, transformée en véritable plateforme scientifique modulaire capable de collecter des données en vol.
Après une dernière mission en avril 2024, l’appareil a été retiré du service et remplacé par un Boeing 777-200 modernisé, marquant une nouvelle génération de laboratoires aériens pour la recherche climatique et environnementale – crédit : NASA

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Guillaume AIGRON
Guillaume AIGRON
Très curieux et tourné vers l'économie, la science et les nouvelles technologies, (particulièrement ce qui touche à l'énergie et les entreprises françaises) je vous propose de de découvrir les dernières actualités autour de cette passion

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