Une alliance française entre Airbus et Axens pour devenir maitre d’un marché multiplié par 14,8 d’ici 10 ans : le Carburant d’Aviation Durable

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Une alliance franco-française pour changer l’avenir de l’aviation ?

Quand un avion décolle, il brûle en moyenne 3 à 4 tonnes de kérosène à l’heure. Multipliez ça par les 40 millions de vols commerciaux annuels dans le monde, et vous commencez à avoir une idée du problème.

L’aviation représente environ 2 à 3 % des émissions mondiales de CO₂, une part qui peut sembler modeste, jusqu’au moment où vous réalisez que le trafic aérien devrait plus que doubler d’ici 2042, avec une projection à 19,5 milliards de passagers annuels contre 9,5 milliards en 2024.
C’est dans ce contexte, ni confortable ni urgent à ignorer, qu’Axens et Airbus ont signé en mars 2026 un accord de coopération autour du SAF ou Sustainable Aviation Fuel (en français « Carburant d’Aviation Durable » ou CAD).

Ce dernier s’impose d’emblée comme une des solutions de carburant alternatif au kérozène capable de s’utiliser sans modifier profondément les moteurs et donc comme la piste la plus réaliste à court terme. Reste à comprendre comment passer de la production artisanale à l’échelle industrielle !

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Produire du SAF est une chose, le faire à des volumes compatibles avec le trafic aérien mondial en est une autre.

Ce partenariat ne consiste donc pas à inventer un carburant en laboratoire, ce travail est déjà bien avancé. L’enjeu se situe bien dans la capacité à produire, distribuer et utiliser ce carburant à grande échelle.

Axens apportera son expertise dans les procédés de transformation des ressources en carburants, notamment les filières renouvelables. De son côté, Airbus travaillera sur la compatibilité des avions avec ces carburants et sur les futures architectures aéronautiques.

Les deux industriels ont prévu :

  • des échanges techniques sur les différentes filières SAF
  • des analyses de marchés régionaux
  • des actions coordonnées auprès des acteurs publics et privés
  • des initiatives pour accélérer les projets industriels

Aujourd’hui, l’écart entre la production actuelle et les besoins futurs reste immense, les deux partenaires ont bien l’intention d’y remédier.

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Le trafic aérien repart et dépasse déjà les niveaux d’avant crise

En 2024, le transport aérien a atteint 9,5 milliards de passagers, soit déjà plus qu’en 2019 (avant COVID).

Les projections donnent une idée de la suite :

  • 12 milliards de passagers en 2030
  • 19,5 milliards en 2042
  • jusqu’à +244 % par rapport à 2019 d’ici 2050

Ce phénomène ne se limite pas à une reprise post-pandémie. Il s’agit d’un mouvement structurel, porté par la croissance des classes moyennes et par l’essor de régions entières, notamment en Asie-Pacifique et au Moyen-Orient.

Concrètement, cela signifie plus d’avions, plus de carburant, et mécaniquement plus d’émissions.

L’aviation représente aujourd’hui environ 2 % des émissions mondiales de CO₂, et 12 % du secteur des transports. Devant la courbe des passagers qui va exploser dans les années à venir, il y a donc urgence à trouver une solution.

L’Airbus A321neo, avec plus de 5 000 commandes, s’impose comme le monocouloir le plus performant de sa catégorie, capable d’embarquer jusqu’à 244 passagers tout en réduisant fortement la consommation de carburant.Développé par Airbus, il s’inscrit dans une démarche engagée bien avant les carburants durables, grâce à des gains aérodynamiques, des moteurs nouvelle génération et une optimisation globale de l’appareil.
L’Airbus A321neo, avec plus de 5 000 commandes, s’impose comme le monocouloir le plus performant de sa catégorie, capable d’embarquer jusqu’à 244 passagers tout en réduisant fortement la consommation de carburant.
Développé par Airbus, il s’inscrit dans une démarche engagée bien avant les carburants durables, grâce à des gains aérodynamiques, des moteurs nouvelle génération et une optimisation globale de l’appareil.

Le SAF (CDA), une solution imparfaite mais immédiatement utilisable

Le Sustainable Aviation Fuel (en français « Carburant Durable d’Aviation », CDA) se distingue des autres carburants alternatifs par un avantage décisif : il fonctionne déjà avec les avions actuels.

Pas besoin de redessiner les moteurs ni de changer toute la flotte. Le SAF peut être mélangé au kérosène classique, généralement entre 10 % et 50 %, selon les normes en vigueur.

Son origine varie selon les procédés :

  • déchets organiques
  • huiles usagées
  • biomasse
  • carburants synthétiques issus de CO₂

Selon la filière utilisée, les émissions peuvent être réduites jusqu’à 80 % sur l’ensemble du cycle de vie.

En 2024, plus de 360 000 vols commerciaux ont déjà utilisé du SAF (CDA) dans 46 aéroports, principalement en Europe et en Amérique du Nord.

Ce chiffre reste anecdotique comparé au trafic mondial, toutefois il montre que la technologie est déjà opérationnelle.

Autre élément important, d’après les experts le SAF (CDA) pourrait représenter environ 65 % de la réduction des émissions nécessaires pour atteindre la neutralité carbone du secteur aérien d’ici 2050, selon les estimations de l’International Air Transport Association.

Un marché en pleine explosion, porté par les contraintes climatiques

Le marché du SAF (CDA) part de loin, mais sa croissance est spectaculaire :

  • environ 2,5 milliards d’euros en 2025
  • près de 37 milliards d’euros attendus en 2034

Soit un marché potentiel multiplié par 14,8 e, 9 ans !

L’Amérique du Nord domine aujourd’hui avec plus de 46 % du marché mondial, soutenue par des politiques publiques incitatives.

Cette croissance repose sur plusieurs leviers :

  • des objectifs climatiques fixés par les États
  • des obligations d’incorporation de SAF
  • des crédits d’impôt et subventions
  • des engagements des compagnies aériennes

Le secteur évolue rapidement vers des partenariats industriels intégrés, où producteurs d’énergie, compagnies aériennes et technologues collaborent pour sécuriser les approvisionnements et réduire les risques.

Un autre mouvement se dessine en parallèle : la conversion des raffineries pétrolières existantes en unités de production de carburants renouvelables. Cette stratégie permet de réduire les coûts et accélérer les délais de mise en production.

Alliance française entre Airbus et Axens autour du carburant d'aviation durable (CAD)

Un défi industriel colossal à horizon 2050

Indicateur Valeur estimée
Production cible SAF (CDA) ≈ 250 millions de tonnes/an
Nombre d’usines nécessaires 500 à 800
Investissements requis ≈ 930 milliards d’euros

Ces chiffres traduisent une transformation industrielle à venir comparable à celle du raffinage pétrolier au XXe siècle.

Une bataille technologique encore ouverte

Le SAF (CDA) n’est pas un produit unique. Plusieurs technologies coexistent, chacune avec ses avantages.

La plus utilisée aujourd’hui est la filière HEFA-SPK (en français « kérosène synthétique issu d’huiles hydrotraitées »), car elle est déjà industrialisée.

D’autres approches montent en puissance :

  • Fischer-Tropsch
  • ATJ-SPK

Cette diversité est essentielle. Elle permet d’éviter une dépendance excessive à une seule ressource et d’ouvrir la voie à des volumes de production beaucoup plus importants.

Dans les faits, l’enjeu ressemble à celui d’un puzzle industriel mondial, où chaque technologie apporte une pièce différente.

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Un autre Français sur les rangs

Il semble en effet qu’une grande partie de l’avenir du CAD passera par la France puisque TotalEnergies s’est également positionné comme l’un des acteurs clés du marché en Europe, en misant sur une montée en puissance industrielle progressive de ses capacités de production. Le groupe prévoit de pouvoir produire plus de 500 000 tonnes de SAF par an à partir de 2028, soit plus de 10% de ses volumes de  carburant pour l’aviation commercialisés en Europe, dépassant ainsi l’obligation de mélange de 6% fixée pour 2030 par le règlement ReFuelEU.

Cette croissance s’appuie sur des unités de bioraffinage comme La Mède (avec une production dédiée de SAF à partir de déchets et de résidus) et sur le co‑processing dans des raffineries comme celles de Normandie, Antwerp ou Leuna, permettant d’intégrer des matières premières biosourcées dans des flux de raffinage classiques sans modifier les infrastructures aéroportuaires ni les avions.

TotalEnergies a également signé des accords d’off‑take à long terme avec des compagnies comme Air France‑KLM et Volotea, ainsi qu’un partenariat stratégique avec Airbus visant à couvrir plus de la moitié des besoins SAF de l’avionneur en Europe et à développer des formulations 100% durables compatibles avec les flottes actuelles.

Sources :

  • Axens, Axens signs memorandum of understanding with Airbus for SAF development (date non précisée),
    https://www.axens.net/resources-events/news/axens-signs-memorandum-understanding-airbus-saf-development
    communiqué annonçant la signature d’un protocole d’accord entre Axens et Airbus pour le développement de carburants d’aviation durables (SAF).
  • Airports Council International, Joint ACI World – ICAO Passenger Traffic Report: Trends and Outlook (28 janvier 2025),

    Joint ACI World-ICAO Passenger Traffic Report, Trends, and Outlook


    rapport conjoint présentant les tendances du trafic aérien mondial, les perspectives de croissance et les enjeux liés à la transition environnementale du secteur aérien.

  • Fortune Business Insights, Sustainable Aviation Fuel (SAF) Market Report (date non précisée),
    https://www.fortunebusinessinsights.com/fr/sustainable-aviation-fuel-saf-market-111563
    rapport d’analyse de marché détaillant la croissance du marché des carburants d’aviation durables, les dynamiques industrielles, les investissements et les projections à moyen et long terme.
  • TotalEnergies, Sustainable Aviation Fuel: Decarbonizing aviation (date non précisée),
    https://totalenergies.com/features/saf-fuel-decarbonization-aviation
    page explicative présentant les carburants d’aviation durables (SAF), leur fonctionnement, leurs bénéfices environnementaux et le rôle de TotalEnergies dans le développement de solutions pour réduire les émissions du transport aérien.

 

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Guillaume AIGRON
Guillaume AIGRON
Très curieux et tourné vers l'économie, la science et les nouvelles technologies, (particulièrement ce qui touche à l'énergie et les entreprises françaises) je vous propose de de découvrir les dernières actualités autour de cette passion

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