Baisse massive de la fécondité mondiale, natalité au plus bas en Europe et Amérique

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Les transformations démographiques se poursuivent à un rythme effréné depuis deux décennies, avec une baisse massive de la fécondité mondiale. Ce phénomène, désormais représenté dans une cartographie innovante, offre une vision nouvelle des tendances géographiques mondiales. Cette analyse démontre que la transition vers des niveaux de fécondité faibles concerne maintenant l’ensemble de la planète, y compris les régions qui semblaient les plus résistantes à ce changement il y a encore trente ans.

Un contexte démographique global

Les estimations des Nations unies montrent que l’amélioration de l’espérance de vie et l’inertie démographique conduiront encore à une augmentation de la population mondiale pendant les prochaines décennies. Cependant, la baisse de la fécondité devrait ralentir cette croissance. L’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) est passé de 5,1 en 1965 à 2,3 en 2021, avec une accélération de la baisse après 2015.

La cartographie originale des zones de peuplement

La plupart des cartes démographiques utilisent des données nationales, ce qui a l’inconvénient de gommer les variations intra-étatiques. Ainsi, une carte basée sur des cercles proportionnels aux populations des zones, plutôt qu’aux pays, présente un panorama plus nuancé. Les zones représentées ont des populations de 30 à 40 millions d’habitants, ce qui offre un découpage mondial similaire aux pays tout en évitant de se concentrer sur des zones trop petites pour lesquelles les données ne sont pas facilement disponibles.

Les tendances actuelles : Une révolution démographique

Deux tiers de la population mondiale sous le seuil de renouvellement

Les données actuelles montrent que les ICF supérieurs à 3 enfants par femme ne se trouvent plus que dans certaines régions, principalement en Afrique, au Moyen-Orient, en Afghanistan et au Pakistan. Les niveaux d’ICF supérieurs à 5 ne subsistent que dans des zones du Sahel, en Afrique centrale et dans la Corne de l’Afrique.

À l’opposé, dans 152 des 235 zones représentées, 63 % de la population mondiale connaît une fécondité inférieure au seuil de renouvellement des générations (2,1 enfants par femme). Cette tendance se retrouve dans de nombreuses zones asiatiques et européennes, ainsi que sur le continent américain, l’Inde et l’Indonésie.

Les tendances actuelles  Une révolution démographique
Incide conjoncturel de fécondité (ICF) en 2021 par zones de peuplement

Un changement radical en deux décennies

La comparaison des cartes de 2000 et 2021 révèle l’ampleur du changement. En 2000, une vaste zone englobait l’Afrique, le Moyen-Orient, la moitié nord de l’Inde et les Philippines. Vingt ans plus tard, la géographie de la fécondité a complètement changé. L’Inde montre des contrastes flagrants entre les régions du sud et de l’ouest, où l’ICF est inférieur à 2,1, et les États densément peuplés de la vallée du Gange, où il reste entre 2,3 et 3,0.

En Amérique, l’ICF compris entre 2,1 et 3 était courant en 2000, sauf dans les zones métropolitaines du sud du Brésil et au Canada. Aujourd’hui, ces zones ont également rejoint le groupe des régions à basse fécondité.

Une typologie mondiale en 8 catégories

Les zones de très faible fécondité

Les zones à très faible fécondité (moins de 1,7 enfant) regroupent 41 % de la population mondiale. La majorité d’entre elles (81 zones dites de type 1) ont connu une baisse ces deux dernières décennies, tandis que 16 zones de type 2 ont légèrement augmenté leur fécondité. Les zones de type 1 couvrent à la fois les pays développés (Europe, Japon, côtes est et ouest des États-Unis) et les pays en développement qui ont vu leur fécondité chuter drastiquement (Corée du Sud, Taïwan, Turquie, Iran, Brésil).

Les zones de type 2, principalement en Europe germanique, Espagne, Italie du nord, Europe centrale, Ukraine et Russie, ont une fécondité très basse, mais en légère hausse. Cette tendance positive pourrait être liée à l’immigration ou à la stabilisation économique.

Les zones de faible et moyenne fécondité

Les zones à faible fécondité (ICF entre 1,7 et 2,1) représentent 22,6 % de la population mondiale. Elles comprennent les zones de pays développés qui ont récemment baissé leur fécondité sous le seuil de renouvellement (France, intérieur des États-Unis, Australie) et les régions en développement qui suivent des modèles similaires (Iran, Turquie, Chine, Inde).

Les zones de fécondité moyenne (ICF entre 2,1 et 3,5) regroupent 20,5 % de la population. Les zones de type 4 montrent une transition ralentie par des inerties religieuses ou culturelles (Maroc, Égypte, Levant). Les zones de type 5 montrent une rapide convergence vers les modèles nationaux (Andes, Guatemala, Bangladesh). Le type 6 représente les zones où la baisse de la fécondité a été interrompue après 2000 (Maghreb, Asie centrale).

Les zones de forte fécondité

Les zones de forte fécondité (plus de 3,5 enfants par femme) ne représentent plus que 16,1 % de la population mondiale. Ces zones connaissent des baisses remarquables, supérieures à 1 enfant par femme en 20 ans. Les moteurs du démarrage de la baisse sont l’élévation de l’âge du mariage, l’amélioration de la scolarisation des filles et le recours accru à la contraception.

Une révolution démographique en marche

Les cartes montrent clairement que la convergence vers un modèle de faible fécondité est en cours dans le monde entier. Près de deux tiers de la population mondiale connaissent des niveaux de fécondité inférieurs au seuil de renouvellement des générations. La baisse dans les régions du Sud a été si rapide qu’elle dépasse les tendances historiques observées dans le Nord.

Cette évolution globale reflète les profondes transformations sociales en cours : urbanisation, scolarisation accrue, accès aux méthodes contraceptives et transformation des structures familiales. Si les défis restent nombreux, la baisse de la fécondité est un indicateur clair de changements sociétaux majeurs, avec des conséquences à long terme sur la population mondiale et sa répartition géographique.

Source : https://doi.org/10.3917/popsoc.618.0001

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Eric GARLETTI
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