Cette planète du système solaire a rétréci de 14 km et ce n’est pas la seule de ses particularités qui fascinent les astronomes

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La planète la plus proche du soleil semble vouée à un destin tragique.

Mercure n’a jamais été une géante. Avec ses 4 879 kilomètres de diamètre, elle ferait presque pâle figure à côté de la Terre, trois fois plus large. Pourtant, ce petit caillou grillé par le Soleil intrigue. Depuis des milliards d’années, il rétrécit : Son diamètre aurait perdu au moins 14 kilomètres au fil du temps !

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Mercure, une planète à nul autre pareil dans notre système solaire

Mercure est une planète tellurique, c’est-à-dire faite de roches et de métaux. C’est aussi celle dont l’orbite est la plus courte dans notre système solaire : 88 jours suffisent pour faire un tour complet autour du Soleil. En surface, les températures jouent aux extrêmes : 450 °C le jour, frôlant les –170 °C la nuit. Cette variation brutale s’explique par l’absence quasi totale d’atmosphère.

Mais ce qui fascine surtout les planétologues, c’est le noyau. Chez Mercure, il occupe plus de 60 % de son volume, contre seulement 17 % pour la Terre. Autrement dit, cette planète est un cœur de métal avec une fine croûte de roche.

Le grand frisson : une contraction géologique

Dans les années 1970, la sonde Mariner 10 repère d’étranges escarpements lobés. Ces failles géantes, longues de plusieurs centaines de kilomètres, traversent la croûte de Mercure comme des cicatrices. Elles déforment même les cratères, preuve qu’elles sont apparues après les impacts.

Entre 2011 et 2015, la mission américaine Messenger confirme l’hypothèse : Mercure rétrécit à mesure que son noyau refroidit. Ce refroidissement entraîne une contraction globale de la planète, comparable à une pomme laissée au soleil qui perd de l’eau et se ratatine.

Sous la croûte, le métal en contraction tire sur la roche, qui se fracture pour absorber le choc. Résultat : une topographie plissée, hérissée de près de 6 000 failles identifiées, longues de 9 à 900 kilomètres, selon une étude publiée dans Nature Geoscience.

Mercure n’est pas une planète comme les autres

  • Mercure ne possède pas d’atmosphère au sens classique. Ce qui l’entoure est une exosphère, un nuage ténu d’atomes arrachés par le vent solaire.
  • Cette exosphère contient un peu d’oxygène, du sodium, du potassium et des traces d’hydrogène, mais en quantités inférieures à un millionième de l’atmosphère terrestre.
  • Cette absence d’enveloppe gazeuse explique les écarts extrêmes de température : jusqu’à 450 °C le jour, et –170 °C la nuit.
  • Mercure est la planète la plus rapide du système solaire : elle orbite autour du Soleil à près de 170 000 km/h.
  • Son orbite est fortement elliptique, la rapprochant du Soleil à 46 millions de kilomètres puis l’en éloignant à 70 millions de kilomètres.
  • Malgré sa petite taille, Mercure possède un champ magnétique, environ 100 fois plus faible que celui de la Terre, mais toujours actif.
  • Ce champ est asymétrique et décalé vers le nord, ce qui pourrait trahir une dynamique interne encore partiellement active ou des vestiges d’un passé plus turbulent.

BepiColombo : capteur de secrets en orbite

Pour percer les mystères de Mercure, l’Europe (via l’ESA) et le Japon (via la JAXA) ont lancé en 2018 la mission BepiColombo. Objectif : mieux comprendre la composition, la géologie, l’histoire magnétique et les interactions de Mercure avec le vent solaire.

Dès 2023, les capteurs embarqués ont détecté d’étonnantes anomalies du champ magnétique au pôle sud. Des mesures inédites, qui suggèrent que le noyau est encore partiellement actif et que l’histoire thermique de la planète est plus complexe que prévu.

La mission est en cours, avec une mise en orbite prévue autour de Mercure en décembre 2025. Elle devrait fournir des données précieuses sur les mécanismes de contraction interne et sur la dynamique d’un noyau qui ne tourne pas rond.

Mercure, une lune qui a survécu à sa géante ?

Certains chercheurs envisagent une hypothèse encore plus spectaculaire : Mercure aurait pu être un jour bien plus grosse, avant de perdre son manteau rocheux dans une collision cataclysmique avec un autre corps céleste. Ce scénario expliquerait son noyau surdimensionné, vestige d’une planète écorchée.

Cette idée, bien que débattue, trouve un certain écho dans les simulations numériques. Une super Mercure, réduite à l’état de cœur métallique, serait ainsi devenue la planète la plus dense du système solaire, avec 5,43 g/cm³. C’est plus que la Terre, pourtant bien plus massive.

Quelques chiffres sur mercure :

Caractéristique Valeur
Diamètre 4 879 kilomètres
Masse 3,3 × 10²³ kg
Température max (jour) 450 °C
Température min (nuit) –170 °C
Durée d’une année 88 jours terrestres
Composition du noyau 60 à 70 % du volume
Réduction de diamètre estimée Au moins 14 kilomètres
Nombre de failles mesurées 5 934
Longueur des failles De 9 à 900 kilomètres

Source :

Man, B., Rothery, D.A., Balme, M.R. et al. Widespread small grabens consistent with recent tectonism on Mercury. Nat. Geosci. 16, 856–862 (2023). https://doi.org/10.1038/s41561-023-01281-5

Image : Fond d’espace réaliste avec toutes les planètes (Freepik).

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Eric GARLETTI
Eric GARLETTIhttps://www.eric-garletti.fr/
Je suis curieux, défenseur de l'environnement et assez geek au quotidien. De formation scientifique, j'ai complété ma formation par un master en marketing digital qui me permet d'aborder de très nombreux sujets. Depuis 2025 Ambassadeur du Spatial pour le CNES

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