Le moteur quantique va “contourner” une des lois fondamentales de l’univers découverte par un Français au XIXe siècle : le principe de Carnot

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Le moteur quantique pourrait contourner une des plus vieilles lois de la Physique.

Pendant deux siècles, le principe de Carnot a été l’un des piliers les plus solides de la thermodynamique. Énoncé en 1824 par le Français Nicolas Léonard Sadi Carnot, il pose une limite simple : toute transformation d’énergie s’accompagne d’une augmentation de l’entropie, c’est-à-dire du désordre global du système. Cela signifie qu’en pratique, aucune machine ne peut convertir toute la chaleur en travail utile, car une partie est toujours perdue sous forme d’énergie dissipée. Une règle d’or, gravée dans les équations… jusqu’à aujourd’hui.

Une équipe de physiciens allemands vient de démontrer qu’à l’échelle quantique, ce principe ne tient plus. Eric Lutz, professeur à l’Université de Stuttgart, et Milton Aguilar, chercheur postdoctoral, ont formulé une version étendue de cette loi et ont ainsi prouvé que des moteurs thermiques atomiques pourraient dépasser les rendements classiques en utilisant une propriété invisible à l’œil nu : les corrélations quantiques.

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Une étude qui remet en cause la deuxième loi de la thermodynamique lorsqu’on évolue au niveau quantique

Sadi Carnot réfléchissait aux machines à vapeur. Des turbines, des pistons, du métal chauffé, refroidi, compressé. Il s’agissait de systèmes massifs, obéissant à des lois prévisibles. Lutz et Aguilar, eux, ont mis les mains dans un univers où les particules dansent à l’unisson, liées par des phénomènes étranges que la physique classique ne peut pas expliquer.
Dans leur étude, publiée dans Science Advances, ils montrent que les moteurs composés de quelques particules corrélées peuvent extraire de l’énergie non seulement de la chaleur, mais aussi des corrélations elles-mêmes.

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Les moteurs quantiques réécrivent la thermodynamique

Et là où cela devient intéressant pour nous, car d’après l’étude ces “machines thermiques corrélées” seraient en mesure de convertir davantage d’énergie en travail que ce que permettrait un moteur classique !
C’est un peu comme découvrir que les règles du rugby changent… quand on joue à un contre un, sur une table de billard. Le terrain n’est plus le même, et les lois macroscopiques s’effacent devant des logiques invisibles.

Des moteurs de la taille d’un atome

Ce que Lutz et Aguilar ouvrent comme perspective, c’est une nouvelle génération de machines thermiques, non plus faites d’engrenages et de soupapes, mais de molécules corrélées ou d’ions piégés. Ces moteurs quantiques, invisibles à l’œil nu, pourraient transformer la chaleur ambiante en énergie utilisable à des échelles nanométriques.
Un moteur plus petit qu’un globule rouge, capable d’alimenter un nanobot chirurgical, de manipuler des molécules, ou de traiter des matériaux atome par atome ?

Ce n’est plus de la science-fiction. C’est un champ entier que cette découverte rend envisageable.

Le potentiel immense des corrélations quantiques

L’enjeu va au-delà du rendement. Ces moteurs quantiques pourraient opérer sans combustion, sans pertes mécaniques, sans frottement. Leur rendement théorique pourrait dépasser ainsi celui des moteurs à cycle de Carnot, simplement en exploitant la structure d’information de l’état quantique initial.
Les implications sont profondes. À terme, on pourrait concevoir des circuits intégrés thermiques à l’échelle atomique, ou des moteurs qui tirent parti des fluctuations quantiques, dans des environnements où aucune machine classique ne survivrait.

Enfin une bonne nouvelle pour nos rivières avec cette découverte qui va permettre d’inverser la tendance dans nos eaux polluées

Une frontière repoussée, pas une loi violée

Il est important de le souligner : la deuxième loi de la thermodynamique reste valide. Ce que Lutz et Aguilar démontrent, c’est qu’elle doit être reformulée dès qu’on descend à l’échelle quantique, comme on l’a déjà fait pour la mécanique ou l’électromagnétisme.
“Nous avons désormais des lois thermodynamiques généralisées, qui tiennent compte des corrélations entre particules”, expliquent-ils. “Cela ouvre la voie à des machines thermiques capables de faire plus, avec moins.”

Une chose est sûre : la physique vient de changer d’échelle ainsi que nos futures machines !

Source :
Correlated quantum machines beyond the standard second law. (en français : « Machines quantiques corrélées au-delà de la seconde loi classique »)

Milton Aguilar, Eric Lutz,

Sci.Adv.11,eadw8462(2025).

DOI:10.1126/sciadv.adw8462

Visuel réalisé à l’aide de Canva et de Flux 1.1 à des fins de représentation de l’article.

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Guillaume AIGRON
Guillaume AIGRON
Très curieux et tourné vers l'économie, la science et les nouvelles technologies, (particulièrement ce qui touche à l'énergie et les entreprises françaises) je vous propose de de découvrir les dernières actualités autour de cette passion

4 Commentaires

  1. Pourrions nous admettre que des lois quantiques soient liées à notre univers au même titre que les lois dites standard et qu’elles sont indissociable.

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