Un premier semestre 2026 qui confirme la dynamique du solaire en France.
Les chiffres publiés le 4 septembre 2026 par le service statistique du ministère de la Transition écologique confirment la bonne santé du solaire français.
Le parc atteint 34,0 gigawatts, avec 3,0 gigawatts raccordés sur les six premiers mois de l’année, un rythme légèrement supérieur à celui du premier semestre 2025. La production suit : 14,1 térawattheures au deuxième trimestre en France métropolitaine, en hausse de 18 % sur un an.
De quoi couvrir, hors autoconsommation, 8,6 % de la consommation électrique du pays sur ce trimestre estival, un record.
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Au 30 juin 2026, la France a franchi la barre des 34 gigawatts de puissance solaire installée
Il y a cinq ans, le parc solaire français plafonnait autour de 10 gigawatts. Il a plus que triplé depuis, avec une accélération très nette à partir de 2023.
L’année 2025 avait battu tous les records, avec près de 6 gigawatts ajoutés en douze mois, et 2026 tient pour l’instant la cadence.
Cette montée en puissance se lit dans le mix électrique. Le solaire pèse désormais lourd lors des belles journées, jusqu’à près d’un dixième de l’électricité consommée sur un trimestre d’été. Le chiffre grimpe au printemps et en été, retombe l’hiver quand les jours raccourcissent, mais il dit l’essentiel : le photovoltaïque n’est plus qu’une simple énergie d’appoint, il compte dans l’Hexagone.
| Indicateur | Valeur (mi-2026) |
|---|---|
| Puissance installée | 34,0 GW au 30 juin 2026 |
| Raccordements (1er semestre) | 3,0 GW (contre 2,9 GW en 2025) |
| Production (2e trimestre) | 14,1 TWh, en hausse de 18 % sur un an |
| Part de la consommation (2e trimestre) | 8,6 % hors autoconsommation |
| Rythme record récent | Près de 6 GW ajoutés en 2025 |
Des toits aux champs, un parc à plusieurs visages
Ces 34 gigawatts recouvrent des réalités très différentes, du panneau posé sur le toit d’un pavillon jusqu’à la centrale au sol étalée sur des dizaines d’hectares. Les grandes installations, fermes solaires et ombrières de parkings, concentrent l’essentiel de la puissance. Une myriade de toitures résidentielles, agricoles et industrielles fait le reste.
L’autoconsommation, elle, progresse à vive allure, poussée par des particuliers et des entreprises qui veulent produire leur propre courant pour alléger la facture. Cette électricité-là ne passe pas par le réseau et n’entre donc pas dans le taux de 8,6 %, si bien que la contribution réelle du solaire dépasse un peu ce chiffre. L’agrivoltaïsme, qui fait cohabiter cultures et panneaux, monte aussi en puissance, son cadre réglementaire achevant tout juste de se stabiliser.
Le talon d’Achille : produire quand personne n’en veut
Le solaire souffre d’un défaut de naissance : il produit quand le soleil brille, pas quand on a besoin de courant. À midi en plein été, les panneaux crachent à pleine puissance alors que la consommation est basse ; le soir, quand tout le monde rentre et rallume, ils s’éteignent. Ce décalage sature le réseau aux heures creuses et le laisse à sec aux heures de pointe. Le solaire partage ce défaut avec son cousin l’éolien, lui aussi intermittent.
La conséquence se lit désormais dans les prix. Quand la production dépasse la demande, les cours de l’électricité plongent en territoire négatif : les producteurs paient pour injecter leur courant. Le phénomène touche la France près d’une heure sur dix, et le 1er mai 2026, le prix a chuté jusqu’à -498,65 euros le mégawattheure, un record !
L’État a fini par réagir en abaissant, dès décembre 2026, le seuil de l’écrêtement (le débranchement à distance des fermes solaires et éoliennes), de 10 à 1 mégawatt. Autrement dit, faute de savoir stocker ce surplus, on préfère éteindre des installations que l’on a soi-même subventionnées.
Les super-batteries, la pièce manquante
La solution tient en un mot : le stockage. Des batteries stationnaires géantes, capables d’avaler le trop-plein solaire de la mi-journée pour le restituer le soir, transformeraient l’intermittence en simple décalage horaire. La technologie existe et ses coûts s’effondrent, portés par le lithium fer phosphate et, bientôt, le sodium-ion, moins cher et sans métaux rares.
La Chine a déjà installé plus de 50 GW de batteries réseau, loin devant les États-Unis et l’Australie, où plus de 4,4 GW ont été raccordés en un an. L’Europe, elle, atteignait environ 15 GW fin 2025. La France reste à la traîne, mais son marché décolle : la file d’attente des projets de stockage en attente de raccordement dépasse désormais 14 GW selon RTE, soit près de dix fois la capacité actuellement en service. Le plus gros chantier en cours, dans la Marne, affiche à lui seul 240 MW pour 480 MWh. Les nouvelles règles tarifaires de 2026 récompensent enfin les batteries qui se chargent et se déchargent au bon moment, et le mécanisme de capacité les rémunère pour leur disponibilité. De quoi espérer, d’ici quelques années, que le surplus de midi cesse d’être un problème pour devenir la réserve du soir.
Le coup de frein de l’État
Pendant que la filière accélère, l’État ralentit. La nouvelle Programmation pluriannuelle de l’énergie, feuille de route énergétique du pays publiée par décret en février 2026, a rogné les ambitions solaires : 48 gigawatts visés en 2030, contre 54 dans le projet initial, puis 55 à 80 gigawatts en 2035, une fourchette elle aussi abaissée.
Le rythme de croisière visé tombe ainsi à environ 3,5 gigawatts par an, loin des 6 gigawatts de 2025. Les nouveaux projets aidés seront même plafonnés à 2,9 gigawatts par an jusqu’en 2028. Deux raisons à ce tour de vis. Une consommation électrique française qui stagne, ce qui limite le besoin de capacités nouvelles à court terme et la priorité redonnée au nucléaire, avec six réacteurs EPR2 lancés et huit autres possibles, qui replace l’atome au centre du jeu.
Une filière partagée
Le secteur encaisse la nouvelle avec des sentiments mêlés. Après avoir redouté, début 2025, un vrai moratoire sur le petit photovoltaïque, une partie des acteurs se contente d’un cap clair, fût-il modeste. Le Syndicat des énergies renouvelables parle d’un « signal rassurant ».
D’autres crient au gâchis. Le solaire compte parmi les électricités les moins chères à produire, il se déploie vite, il crée de l’emploi local. Freiner maintenant, quand la demande finira par repartir avec les voitures électriques et les centres de données, leur paraît absurde. La baisse continue des aides, avec des primes qui reculent chaque trimestre et une extinction programmée des soutiens publics à l’horizon 2055, nourrit leur inquiétude. Derrière ce débat s’en cache un autre, plus vaste : l’éternel arbitrage français entre le nucléaire et les renouvelables.
Un cap franchi, une trajectoire en suspens
En tous cas, les chiffres du deuxième trimestre, eux, ne mentent pas. Le solaire français n’a jamais autant produit, ni autant compté dans le mix. À 34 gigawatts, il s’installe comme la troisième source d’électricité renouvelable du pays, derrière l’hydraulique et l’éolien.
L’incertitude porte désormais sur le tempo. D’un côté, une dynamique de terrain qui pousse à foncer. De l’autre, une feuille de route qui commande de lever le pied. Une clause de révision est prévue en 2027 pour réajuster les objectifs selon la consommation réelle. D’ici là, deux visions de la transition française continueront de s’affronter, un panneau après l’autre.
Le mix électrique français en 2025 (production, données RTE)
| Filière | Production 2025 | Part du mix |
|---|---|---|
| Nucléaire | 373,0 TWh | 68,1 % |
| Hydraulique | 62,4 TWh | 11,4 % |
| Éolien | Environ 49 TWh | Environ 9 % |
| Solaire | Environ 30 TWh | Environ 5,5 % |
| Bioénergies | Environ 9 TWh | Environ 1,6 % |
| Thermique fossile (gaz, charbon, fioul) | Environ 24 TWh | Environ 4,4 % |
| Production totale | 547,5 TWh | 100 % |
Sources :
- SDES (ministère de la Transition écologique), Tableau de bord : solaire photovoltaïque – Deuxième trimestre 2026 (4 septembre 2026)
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/tableau-de-bord-solaire-photovoltaique-deuxieme-trimestre-2026
Parc de 34,0 GW au 30 juin 2026, 3,0 GW raccordés au premier semestre, production de 14,1 TWh au deuxième trimestre (+18 % sur un an), part de 8,6 % de la consommation métropolitaine hors autoconsommation. - SDES, Publication Statinfo n° 849 – Solaire photovoltaïque (septembre 2026)
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/publicationweb/849
Données détaillées et séries longues sur les installations solaires raccordées au réseau, résultats régionaux et départementaux. - pv magazine France, PPE 3 : des objectifs pour le solaire à la baisse, mais qui redonnent de la visibilité aux acteurs (février 2026)
PPE 3 : des objectifs pour le solaire à la baisse, mais qui redonnent de la visibilité aux acteurs
Objectifs revus à 48 GW en 2030 et 55 à 80 GW en 2035, rythme d’environ 3,5 GW par an, priorité renforcée au nucléaire, réactions de la filière. - RTE, Bilan électrique 2025 – Rapport complet (mars 2026)
https://assets.rte-france.com/analyse-et-donnees/2026-03/BE2025%20-%20Rapport%20Complet.pdf
Détail de la production par filière, parc installé de 164,5 GW fin 2025, capacité solaire de 30,4 GW dépassant l’hydraulique, solde exportateur record de 92,3 TWh.
Image de mise en avant : La centrale solaire photovoltaïque de Cestas (Gironde) était la plus grande d’Europe lors de son inauguration le 1er décembre 2015 – Crédit : Eiffage




