Esport : combien gagne vraiment un joueur pro ?

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L’esport, ce domaine qui a émergé de l’ombre pour devenir un pilier majeur de l’industrie du divertissement, suscite souvent des interrogations sur la viabilité financière des joueurs professionnels. Dans un secteur souvent perçu comme élitiste, où seuls les meilleurs réussissent à percer, les revenus des joueurs esport peuvent sembler être un mystère. Jetons un coup d’œil derrière le rideau pour découvrir combien gagne vraiment un joueur professionnel d’esport.

Le secteur de l’esport attire énormément les jeunes

L’esport est devenu un aimant pour les jeunes aspirants compétiteurs. Avec une croissance exponentielle, le marché de l’esport a franchi des sommets vertigineux ces dernières années avec une taille estimée à plus de 2,90 milliards de dollars en 2024 selon le gouvernement. Les dernières statistiques annoncent en France plus de 10 millions de consommateurs et 2 millions de pratiquants amateurs. Dernièrement le nombre de joueurs s’engageant dans des compétitions officielles a augmenté de façon spectaculaire, reflétant ainsi l’engouement général pour cette forme de divertissement compétitif. La popularité de jeux tels que Fortnite, League of Legends, Valorant et Counter-Strike: Global Offensive a attiré des millions de jeunes dans l’esport, où ils espèrent trouver gloire et fortune.

Un exemple marquant de cette jeunesse est la Coupe du Monde de Fortnite, où des jeunes du monde entier à peine sortis de l’adolescence ont décroché des millions de dollars en cashprize. Cette vitrine mondiale met en lumière à quel point l’esport est dominé par une génération jeune et talentueuse. Cependant, malgré le grand nombre de joueurs aspirant à devenir professionnels, seule une poignée parvient à franchir le cap et à en vivre réellement.

En France nous comptons environ 100 à 120 joueurs esport professionnels. La tranche de salaire oscille de quelques centaines d’euros à plusieurs milliers mensuellement. En plus de ces revenus les esportifs peuvent aussi gagner des récompenses lors des compétitions. Epic Games, éditeur de Fortnite, a par exemple doté le circuit de sa compétition d’un cashprize de 100 millions de dollars en 2019, de quoi faire tourner la tête des jeunes générations.

Les salaires sur les différents jeux ne sont pas équitables

L’une des caractéristiques les plus frappantes de l’esport est l’inégalité des salaires entre les différents jeux et même au sein d’un même jeu. Les scènes esportives varient énormément en termes d’audience, de popularité et, par conséquent, de revenus pour les joueurs même si contrairement au monde du sport, l’esport ne vit pas encore des droits de diffusion. Par exemple, les salaires des joueurs de Dota 2 peuvent atteindre des sommets, avec des joueurs comme Ceb qui ont gagné des millions grâce à leurs performances exceptionnelles. Mais ce n’est pas la réalité pour tous.

Joueur esport sur League of Legend

La scène esportive de certains jeux moins populaires ou structurés peut offrir des salaires modestes, voire insuffisants pour permettre aux joueurs de subvenir à leurs besoins. Des figures emblématiques comme Faker dans League of Legends sont exceptionnelles, mais ils sont l’exception plutôt que la norme. La majorité des joueurs professionnels ne gagnent pas suffisamment pour en faire une carrière à long terme. De plus, la nature précaire de leur emploi, souvent en tant qu’auto-entrepreneurs, rend leurs revenus instables et sujet à des fluctuations. Oui, vous avez bien lu. Le CDI n’est pas la norme dans ce milieu là et l’État peine encore à encadrer cet écosystème. L’éditeur Riot Games l’a bien compris et a décidé de structurer lui-même les revenus des joueurs de ses ligues officielles en allant même jusqu’à plafonner les salaires que les structures doivent verser. Sur FC24, la Ligue de Foot Professionnel (LFP) a elle aussi encadré les revenus des joueurs des différents clubs participants à l’e-ligue 1 pour amorcer une démarche de sécurisation pour les joueurs.

Malheureusement les salaires sont souvent versés sous forme de prestation tel que pourrait travailler un graphiste ou un développeur web avec ses propres clients. Les contrats entre les structures et les joueurs sont souvent liés à leur image et performances et peuvent donc s’arrêter rapidement.

Les carrières dans l’esport sont courtes, voire très courtes

Une autre réalité déconcertante de l’esport est la brièveté des carrières des joueurs professionnels. Contrairement aux athlètes traditionnels, dont la carrière peut s’étendre sur plusieurs années voir décennies pour les plus talentueux, les joueurs d’esport ont souvent une durée de vie professionnelle éphémère. La raison en est souvent liée à la fragilité des structures de financement des équipes, qui reposent largement sur le sponsoring.

Lorsque les financements se tarissent, les équipes peuvent disparaître du jour au lendemain, laissant les joueurs sans contrat et sans revenu. Cette instabilité financière, combinée à la pression constante de la compétition, rend les carrières dans l’esport incroyablement volatiles.

Aussi, le manque de cadre d’entraînement pousse les joueurs dans leurs retranchements cognitifs et physiques. En 2022, le joueur Kyle “Danny” Sakamaki a peine agé de 18 ans, annonçait vouloir prendre une pause pour préserver sa santé mentale. Effectivement les structures esportives sont peu structurées et souvent seule la performance prime au détriment des joueurs.

Comment préparer l’après-joueur professionnel esport ?

Face à cette réalité, il est essentiel pour les joueurs professionnels d’envisager l’avenir avec prudence et de se préparer à une transition de carrière. Comme dans le sport avec des anciens joueurs de haut niveau qui intègrent des posts de consultants télé ou de coachs, les anciens esportifs de très haut niveau ont tendance à se convertir en coachs après leurs belles années. C’est le cas du coach Ex6TenZ, ancien joueur de haut niveau sur Counter Strike, qui a pris la tête en tant que coach de la nouvelle équipe professionnelle formée par Gotaga, Brawks et Squeezie : Gentle Mates. Malheureusement, ils sont peu nombreux à pouvoir prétendre à une rémunération suffisante pour vivre dans leur nouvelle carrière post esport.

Ecole esport etude bordeaux

C’est pourquoi la formation et l’éducation sont des éléments cruciaux pour sécuriser un parcours professionnel durable. Des initiatives telles que l’école esport étude EGS à Bordeaux offrent une voie pour les jeunes talents vers le monde de l’esport tout en sécurisant leurs parcours professionnels avec différents parcours diplômants reconnus par l’État dans les domaines du design graphique, du développement informatique ou encore du marketing digital.

En combinant leur passion pour le jeu avec une pédagogie innovante, les joueurs peuvent se doter des compétences nécessaires pour réussir dans d’autres domaines en étant dans les meilleures conditions pour performer. Cette alternative éducative est aujourd’hui unique en Europe.

Cependant, il faut rester vigilant car le mot esport est devenu un “buzz word” dans la formation. En effet, de nombreuses écoles utilisent aujourd’hui le terme esport pour introduire de nouveaux parcours autour du marketing de l’esport comme ils l’avaient déjà fait pour les domaines comme le luxe, le sport ou la mode. Malheureusement, l’écosystème esportif est en pleine structuration et ne peut pas encore accueillir convenablement ces futurs diplômés, souvent dans des écoles de commerce. Ils sont donc voué à continuer de rêver accéder aux plus belles structures esportives du monde entier.

Préparer l’après-carrière est essentiel pour assurer la stabilité financière et professionnelle des joueurs d’esport mais il faut bien entendre que pour la majorité des profils l’esport ne sera pas la porte de sortie et restera un loisir plus qu’une activité professionnelle convenablement rémunérée.

En conclusion, l’esport offre des opportunités incroyables pour les jeunes talents, mais il est également associé à des problématiques en termes de revenus, de durabilité de carrière et de sécurité financière. Alors que certains joueurs prospèrent et atteignent des sommets de succès et de richesse, la réalité pour la majorité est bien différente. En fin de compte, la clé du succès dans l’esport réside non seulement dans la maîtrise d’un jeu (en choisissant une scène dynamique et structurée), mais aussi dans l’anticipation d’une fin de carrière se tournant possiblement vers d’autres métiers non liés au domaine de l’esport.

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Yoann ROUSSET
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Bercé par le numérique et les jeux vidéo, je suis tombé amoureux de l'informatique depuis Windows 3.11. De la Master System à la PS5, je n'en ai pas loupé une. Apple Addict et pro Sony.

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