Après un périple épique de 1000 km, la France livre au Royaume-Uni ce colosse de 500 tonnes qui sera indispensable au réacteur nucléaire de Hinkley Point C

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Un nouveau colosse sur le projet énergétique le plus ambitieux du Royaume-Uni.

La cuve du second réacteur de Hinkley Point C a été livrée le 12 janvier 2026.
Comme sa jumelle livrée en 2023, ce « beau bébé » d’acier de 500 tonnes et de 13 mètres de long a été monté en France avant d’être déplacé sur plus de 1 000 km par mer, par fleuve puis par route avant d’atteindre l’un des projets nucléaires les plus ambitieux du monde.

Fabriquée par Framatome dans son usine de Saint-Marcel, en Saône-et-Loire, cette cuve sera l’enceinte qui accueillera le combustible, guidera les barres de contrôle et laissera circuler l’eau qui évacue la chaleur. Sans elle, rien ne peut commencer.

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La cuve du second réacteur de Hinkley Point C a été livrée par Framatome

Le trajet de cette pièce résume à lui seul la complexité du nucléaire moderne. Après sa sortie d’usine à Saint-Marcel, la cuve a traversé la France, puis la Manche, avant d’accoster à Avonmouth, près de Bristol. De là, elle a été chargée sur une barge jusqu’au petit port de Combwich, sur la rivière Parrett. Restait le plus délicat : 6,4 km parcourus en six heures, à quelques kilomètres à l’heure, sur un convoi spécial.

Ce genre de déplacement ne tolère aucune improvisation. Chaque virage, chaque pont, chaque centimètre de chaussée est étudié à l’avance.

Le Royaume-Uni prépare un monstre capable de torturer le plasma dans tous les sens pour rapprocher l’humanité de la fusion nucléaire

Une pièce centrale, au sens littéral

Dans un réacteur à eau pressurisée comme l’EPR, ce genre de cuve est un engin high-tech prévu pour supporter des pressions élevées, des températures proches de 320 °C, et rester intègre pendant plus de 80 ans. Une fois posée, il sera impssoble de la changer sans arrêter tout le réacteur !

Pour Hinkley Point C, cette deuxième cuve marque un cap symbolique. La première, livrée en 2023, avait été installée dans le bâtiment réacteur de l’unité 1 fin 2024. Depuis, les équipes sont passées à la phase suivante : tuyauteries, câbles, équipements. Le gros œuvre a laissé place à la précision.

La cuve du premier réacteur de Hinkley Point C.
La cuve du premier réacteur de Hinkley Point C.

Apprendre en construisant

EDF Energy a annoncé que l’unité 2 avance plus vite que la première. De 20 à 30 % plus vite, selon les estimations internes. La raison est simple : l’expérience. Les méthodes ont été ajustées, la préfabrication monte désormais à près de 60 %, et les séquences de chantier sont mieux maîtrisées.

C’est une mécanique classique sur les grands projets industriels. La première tranche essuie les plâtres. La seconde bénéficie de tout ce qui a été appris, parfois au prix fort.

Un projet sous pression, mais toujours stratégique

Le projet Hinkley Point C a été lancé en 2018 pour l’unité 1, repoussé à plusieurs reprises, son calendrier a glissé jusqu’à une mise en service désormais visée autour de 2030. Le coût, lui aussi, a été réévalué, pour atteindre 31 à 34 milliards de livres sterling (34,7 à 40,4 milliards d’euros) en valeur 2015.

Pour le Royaume-Uni, l’enjeu dépasse largement ce site du Somerset. Le pays tire aujourd’hui environ 15 % de son électricité du nucléaire, mais une grande partie de son parc actuel doit s’arrêter d’ici la fin de la décennie. Sans nouveaux réacteurs, le trou serait immense.

Hinkley Point C, puis Sizewell C, sont donc appelés à devenir les piliers du nucléaire britannique de demain, pendant que Londres prépare aussi l’arrivée de petits réacteurs modulaires.

La cuve livrée par Framatome est un bijou de technologie prévu pour durer 80 ans.
La cuve livrée par Framatome est un bijou de technologie prévu pour durer 80 ans.

Les EPR dans le monde, une technologie éprouvée d’abord en Chine

Les EPR, réacteurs à eau pressurisée de troisième génération d’une puissance d’environ 1 650 MWe, ont longtemps été associés à des chantiers complexes en Europe. Pourtant, leur première vraie démonstration industrielle réussie s’est faite en Chine. Les deux unités de Taishan, mises en service en 2018 et 2019, restent aujourd’hui la référence mondiale : construites dans des délais maîtrisés, elles fonctionnent de manière stable et ont validé en exploitation réelle les choix techniques de l’EPR.

Cette réussite chinoise a servi de point d’appui à la filière. Olkiluoto 3 en Finlande produit de l’électricité depuis 2023, tandis que Flamanville 3 a été raccordé au réseau fin 2024 et a atteint sa pleine puissance en 2025. Au Royaume-Uni, Hinkley Point C poursuit la construction de ses deux EPR, avec une mise en service désormais attendue autour de 2030.

Fort de ces retours d’expérience, l’EPR évolue vers une version EPR2, plus standardisée et plus rapide à construire. La France envisage 6 à 14 réacteurs d’ici le milieu du siècle, tandis que des discussions existent en Europe centrale et en Inde. Après des débuts difficiles, l’EPR est désormais une technologie opérationnelle qui devraient bientôt donner ses fruits !

Après un périple épique de 1000 km, la France livre au Royaume-Uni ce colosse de 500 tonnes qui sera indispensable au réacteur nucléaire de Hinkley Point C

Les différents projets EPR en 2026 :

Statut Localisation Nombre Puissance Exploitant principal Date clé
En service Taishan (Chine) 2 1 660 MWe CGNPC 2018-2019​
En service Olkiluoto 3 (Finlande) 1 1 600 MWe TVO Déc. 2023​
En service Flamanville 3 (France) 1 1 650 MWe EDF Déc. 2024 (réseau)​
En construction Hinkley Point C (R.-U.) 2 1 670 MWe EDF Energy Fin 2018 (début)​
Projets EPR2 France (Penly, etc.) 6-14 ~1 650 MWe EDF 2035+​

 

Résumé en un clin d’oeil :

Hinkley Point C : Un projet stratégique - infographie

Source :

  • Framatome
  • EDF Energy

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Guillaume AIGRON
Guillaume AIGRON
Très curieux et tourné vers l'économie, la science et les nouvelles technologies, (particulièrement ce qui touche à l'énergie et les entreprises françaises) je vous propose de de découvrir les dernières actualités autour de cette passion

2 Commentaires

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