La France mise beaucoup sur UNIVITY qui vient de lever 27 millions d’euros pour une constellation d’un nouveau genre dédiée à la 5G et à destination des opérateurs

Date:

Cette start-up française veut remplacer Starlink en passant par les opérateurs.

Une levée de fonds, deux satellites, et une idée simple : reprendre le contrôle de l’internet spatial sans passer par les géants américains !

La start-up française UNIVITY vient d’annoncer une levée de 27 millions d’euros qui va lui permettre d’accélérer un projet sur son ambitieux projet de construction d’une infrastructure spatiale 5G pensée non pas pour les utilisateurs… mais pour les opérateurs télécoms eux-mêmes !

Une approche radicalement différente dans un marché aujourd’hui dominé par SpaceX et sa constellation Starlink.

Lire aussi :

UNIVITY lève 27 millions d’euros pour passer du concept à l’industrie

Ces 27 millions d’euros vont permettre au projet de vraiment décoller (sans mauvais jeu de mots).

L’objectif immédiat consiste à valider le démonstrateur uniShape, un système capable de prouver qu’une connexion 5G directe depuis l’espace peut rivaliser avec un réseau terrestre. Derrière, une autre échéance se profile : l’industrialisation à partir de 2028.

Cela implique de construire des satellites, de structurer une offre commerciale et surtout de convaincre les opérateurs.

UNIVITY ne cherche en effet pas à vendre des abonnements au grand public et vise à devenir l’infrastructure sur laquelle reposent ces abonnements.

Depuis 306 ans, la France tient devant l’Espagne le record du plus vieux service d’hydrographie du monde, le Shom qui fait peau neuve depuis 2024

Une architecture technique pensée pour casser les limites actuelles

Le projet repose sur deux choix technologiques.

Le premier concerne l’orbite. UNIVITY vise une orbite très basse (VLEO), autour de 375 km, soit plus proche de la Terre que la plupart des constellations actuelles. Cette proximité réduit la latence et permet d’améliorer la qualité de connexion, notamment pour des usages sensibles comme la voix ou les données en temps réel.

Le second choix est encore plus stratégique : utiliser directement les fréquences 5G des opérateurs télécoms. Là où les constellations classiques utilisent des bandes spécifiques au spatial, souvent saturées, UNIVITY s’appuie sur un spectre déjà déployé au sol.

Concrètement, cela signifie qu’un smartphone pourrait se connecter au satellite sans modification majeure et ce dernier deviendrait alors une extension de l’antenne relais.

Un modèle économique à contre-courant

Dans l’écosystème actuel, les acteurs dominants comme le français Eutelsat et surtout l’américain Starlink vendent directement leurs services.

UNIVITY veut se positionner sur un autre marché avec une infrastructure neutre, que les opérateurs exploiteraient eux-mêmes. C’est un modèle déjà connu dans les télécoms terrestres, mais encore très rare dans le spatial et qui permettrait aux opérateurs de conserver leur relation client et leur souveraineté technologique, au lieu de dépendre d’acteurs extérieurs.

UniShape, le test grandeur nature

Le projet est incarné par uniShape, un démonstrateur soutenu par le CNES (Centre national d’études spatiales).

Deux satellites seront lancés pour tester une chaîne complète de communication 5G depuis l’espace, du réseau terrestre jusqu’au smartphone. Particularité importante : une partie du traitement du signal est réalisée directement à bord.

Cette approche, appelée 5G régénérative, transforme le satellite en véritable relais actif. Elle réduit la dépendance aux infrastructures au sol, tout en améliorant les performances globales.

Le défi est de miniaturiser la puissance de calcul nécessaire dans un environnement spatial hostile, de la haute voltige technologique !

Un marché encore petit mais en pleine accélération

Le marché de la 5G depuis l’espace est encore émergent, mais sa croissance est rapide.

Indicateur Valeur
Taille du marché (2025) 625 millions $
Prévision (2034) 3,47 milliards $
Croissance annuelle ≈ 20,3 %
Région dominante Amérique du Nord (34,7 %)

Cette croissance s’explique par un besoin très concret : connecter ce qui ne l’est pas encore : zones rurales, routes maritimes, aviation, opérations militaires… partout où les réseaux terrestres atteignent leurs limites, le satellite devient une solution.

Face à cette dynamique, les concurrents (forcément) se multiplient. OneWeb (Eutelsat), AST SpaceMobile ou encore SES développent chacun leur approche.

La différence, c’est que la plupart visent l’utilisateur final. UNIVITY, elle, vise l’infrastructure.

Une bataille de souveraineté européenne

Derrière la technologie, il y a une dimension politique et industrielle.

Aujourd’hui, l’essentiel des capacités de connectivité spatiale est contrôlé par des acteurs américains. Dans un contexte de tensions géopolitiques et de dépendance numérique, cette situation devient problématique.

C’est là que le projet prend tout son sens. Soutenue par Bpifrance et le programme France 2030, UNIVITY s’inscrit dans une logique de reconquête.

Ce réacteur nucléaire français qui ne produira pas un Watt d’électricité vient pourtant de lever 100 millions d’euros en quelques mois : Calogena

Une constellation encore à construire et à financer

D’ici 2028, UNIVITY veut accélérer et assembler ses propres satellites, terminaux et infrastructures au sol, puis déployer une constellation pouvant atteindre 1500 satellites, voire 3400 si le financement suit.

Le projet uniShape est estimé à 51 millions d’euros, dont 31 millions financés par l’État via France 2030. Ce plan d’investissements public prévoit 54 milliards d’euro sur cinq ans dont 1,5 milliard d’euros sur le volet Espace (opéré conjointement pour le compte de l’État par le CNES et Bpifrance), qui a vocation à hisser la France au rang de leader mondial tout en renforçant son autonomie stratégique.

Sources :

  • CNES, Univity : la 5G spatiale made in France soutenue par le CNES (04 décembre 2025),
    https://cnes.fr/actualites/univity-5g-spatiale-made-france-soutenue-cnes
    article présentant le projet Univity visant à développer une solution de 5G depuis l’espace, avec un soutien du CNES, en détaillant les objectifs technologiques et les applications potentielles.
  • Univity, Series A Fundraising Announcement (22 avril 2026),
    https://cdn.prod.website-files.com/683421081c5864344786df3d/69e9cff0731aa4fcc21ca479_UNIVITY%20Series%20A%20Fundraising%20Announcement.pdf
    document annonçant une levée de fonds de série A pour Univity, avec des informations sur les investisseurs, les montants mobilisés et les ambitions de développement de la technologie 5G spatiale.
  • Fortune Business Insights, 5G from Space Market Report (06 avril 2026),
    https://www.fortunebusinessinsights.com/fr/5g-from-space-market-115067
    rapport d’analyse du marché de la 5G spatiale, détaillant les tendances de croissance, les acteurs clés et les perspectives de développement de la connectivité depuis l’orbite.

Crédit image mise en avant : © UNIVITY, 2025

Notre site est un média approuvé par Google Actualité.

Ajoutez Media24.fr dans votre liste de favoris pour ne manquer aucune news !

Nous rejoindre en un clic
Suivre-Media24.fr

Eric GARLETTI
Eric GARLETTIhttps://www.eric-garletti.fr/
Je suis curieux, défenseur de l'environnement et assez geek au quotidien. De formation scientifique, j'ai complété ma formation par un master en marketing digital qui me permet d'aborder de très nombreux sujets. Depuis 2025 Ambassadeur du Spatial pour le CNES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Articles connexes

Le pire cauchemar de Boeing sur le secteur des avions cargo arrive chez Airbus avec ce record mondial pour l’A350F de la plus grande...

Une simple porte… vraiment ? À première vue, ce n’est qu’une pièce métallique de plus. En réalité, la première...

Avec BEST, la Chine travaille sur un nouveau type de réacteur à fusion nucléaire pour enfin dépasser le cap symbolique de Q > 1...

Un tokamak compact, 400 tonnes d’acier et une ambition claire : passer de l’expérimentation à la production réelle...

Peu de gens savent que la France est leader mondial des spécialités minérales pour l’industrie avec Imerys qui vient d’acheter l’Américain Great Lake Minerals

La France n'a pas encore dit son dernier mot sur les minéraux stratégiques. Imerys n’est pas une entreprise très...