Deux rivières médiévales, trois cents mètres de galeries sous les pavés, et un office de tourisme qui en a tiré trois attractions.
Posez le doigt sur une carte de France, à mi-chemin entre Paris et la frontière allemande, et vous tombez sur Châlons-en-Champagne. Préfecture de la Marne, 42 971 habitants au dernier recensement de l’INSEE, 26 kilomètres carrés étalés à 83 mètres d’altitude au milieu de la plaine champenoise.
Les Romains l’appelaient Catalaunum, du nom du peuple gaulois des Catalaunes, et c’est à la bataille dite des champs Catalauniques que l’on associe traditionnellement le coup d’arrêt porté à Attila en 451 (même si les historiens discutent encore de l’emplacement exact). Au XIIe siècle, la prospérité tirée des foires de Champagne finance de gros chantiers : la collégiale Notre-Dame-en-Vaux sort de terre à partir des années 1150, la cathédrale Saint-Étienne est reconstruite après 1230. Beaucoup plus près de nous, Châlons s’est offert un cirque en dur achevé en 1899, devenu en 1985 le Centre national des arts du cirque, l’une des rares écoles supérieures de cirque au monde.
Le nom actuel, lui, a coûté deux décrets et un passage au Conseil d’État. Châlons-sur-Marne devient Châlons-en-Champagne par décret du 6 novembre 1995. Un habitant attaque la décision, le Conseil d’État annule le texte le 4 avril 1997 pour incompétence, et la commune repasse quelques mois sous son ancien nom avant de récupérer le nouveau en décembre 1997, cette fois dans les formes.
Le vrai marqueur de Châlons n’est pourtant ni militaire ni administratif. C’est l’eau. Le Mau, le Nau, la Marne, le canal latéral, le canal Saint-Martin : la ville en est cousue. La bonne nouvelle pour les visiteurs, c’est que l’office de tourisme local a armé une petite flottille de barques motorisées de douze places qui emmènent les curieux au cœur du centre historique. La formule de jour, l’Eau’dyssée, dure quarante minutes et coûte 13 euros. Celle de nuit, Métamorph’eau’ses, dure une heure, coûte 18 euros et part tous les jours en juillet et en août.
Une bonne occasion pour comprendre pourquoi Châlons est surnommée la « Venise pétillante » en parcourant ses canaux atypiques !
Lire aussi :
- Le site des Faux de Verzy avec ses arbres tout droit sortis de Tchernobyl est à seulement 2h de Paris et la fin de l’été en révèle toute la beauté
- À 2H de Paris, le musée dédié à la plus iconique des batailles gauloises fait peau neuve avec trois nouvelles expériences immersives à côté des murailles d’Alésia
Châlons-en-Champagne, la « Venise pétillante » vous laisse découvrir ses canaux souterrains avec l’Eau’dyssée et Métamorph’eau’ses
Deux cours d’eau qui ont fabriqué une ville
Le Mau et le Nau sont les deux rivières qui ont précédé la ville et l’ont orientée. Une charte de Charles le Chauve datée de 850 mentionne déjà une chapelle installée en bordure du Mau, hors les murs, à l’emplacement probable de l’actuelle collégiale Notre-Dame-en-Vaux. Trois siècles plus tard, cette collégiale sert de point de rassemblement aux pèlerins d’Europe du Nord et de l’Est en route vers Saint-Jacques-de-Compostelle. L’UNESCO l’a inscrite au patrimoine mondial en 1998, à ce titre précisément, en compagnie de la basilique de L’Épine située à huit kilomètres. Son carillon de 56 cloches passe pour l’un des plus importants d’Europe.

Le centre-ville de la « Venise pétillante » est constellé de ponts : pont des mariniers, pont des viviers, pont des sept moulins, arche Mauvillain, pont Putte-Savatte.
Le pont du Nau, lui, a hérité d’un surnom que les Châlonnais se transmettent encore, le pont des fainéants. Cabu, enfant du pays, l’a dessiné dans ses premières planches, celles qu’expose aujourd’hui la « Duduchothèque » (pensez à visiter cette bibliothèque atypique qui se trouve non loin du centre-ville et dont une partie retrace la carrière du regretté dessinateur).
Trois cents mètres sous les pavés
Venons-en à la visite elle-même. Que ce soit pour l’Eau’dyssée ou pour Métamorph’eau’ses, la barque commence la visite sous la ville, dans deux galeries souterraines totalisant trois cents mètres.
L’obscurité tombe d’un coup, la voix du pilote change de résonance, et une projection s’allume sur la voûte. Une séance de cinéma improvisée à quelques dizaines de centimètres au-dessus des têtes.

Le parcours enchaîne ensuite les monuments et les passages au milieu des nombreux parcs et espaces verts que compte la ville.
Vous pourrez y croiser la faune locale comprenant des canards, cygnes, hérons et autres ragondins, ainsi que la flore particulièrement riche qui longe les canaux.
Ne ratez pas la curiosité botanique du parcours, celle qui a nourri le plus de fantasmes : un séquoia pleureur de plus de 150 ans dont la légende raconte qu’il aurait été rapporté par le premier intendant de la Nouvelle-France (Canada), Jean Talon, natif de Châlons (chose rigoureusement impossible puisque ce dernier est mort plus de 160 ans auparavant, mais les légendes ont la peau dure !).
Le parcours passe ensuite devant Notre-Dame-en-Vaux, citée plus haut, avant de longer les locaux historiques des fameux Arts et Métiers et de revenir à son point de départ, l’office de tourisme au 3 quai des Arts. N’hésitez pas d’ailleurs à y faire un petit tour en finissant votre visite, le bâtiment est un des derniers rescapés des maisons à pans de bois qui étaient légion autrefois dans cette partie de la ville… avant qu’un plan d’urbanisme un peu zélé n’en détruise une grande partie dans les années 1970.

Sa façade, qui appartenait probablement à de riches bourgeois, est ornée de nombreuses formes géométriques complexes, signe de l’aisance des occupants.
Profitez ensuite de votre visite à Châlons pour aller faire un tour vers les trois parcs de la ville : le Jard Anglais, le Petit Jard et le Grand Jard. Ce dernier accueille « Châlons Plage » jusqu’au 23 août.
Allez-y prendre une petite flûte de champagne avant de quitter la ville, en regardant les cygnes passer sur le canal, et vous comprendrez alors la passion très châlonnaise pour l’eau !
Informations pratiques
| Balade | Durée | Période 2026 | Tarifs | Caractère |
|---|---|---|---|---|
| L’Eau’dyssée | 40 minutes | Tous les jours de mai à septembre ; du lundi au samedi en avril et octobre ; samedis en mars et décembre ; samedis des vacances de février | 13 € adulte, 11 € réduit, 6,50 € de 4 à 10 ans, gratuit en dessous | Patrimoine et histoire, commentée par le pilote |
| Métamorph’eau’ses | 1 heure | Tous les jours en juillet et août (sauf 13 juillet) ; du jeudi au dimanche en mai, juin et septembre ; vendredis et samedis en avril, octobre et décembre | 18 € adulte, 16 € réduit, 9 € de 4 à 10 ans, gratuit en dessous | Spectacle son et lumière itinérant, narré par Ondine |
- Embarcadère : devant l’office de tourisme, 3 quai des Arts, 51000 Châlons-en-Champagne. Arriver 10 à 15 minutes avant l’heure figurant sur le billet.
- Tarif réduit : 11 à 17 ans, plus de 65 ans, étudiants, personnes en situation de handicap.
- Chiens : acceptés à bord, 5 € au-delà de 10 kg, gratuits en dessous à condition de rester sur les genoux.
- Poussettes : interdites à bord, stationnement prévu à l’office de tourisme.
- Depuis Paris : environ 2 heures en voiture, 45 minutes à 1 h 30 en train selon la liaison.
- Réservation : en ligne sur la billetterie de l’office, ou à l’accueil. Obligatoire pour le spectacle nocturne.
Les balades sont maintenues sous pluie légère. En cas d’orage, l’office se réserve le droit d’annuler le départ, avec report ou remboursement.
Pour plus d’informations :
Châlons Tourisme — Nos balades en barque
https://www.chalons-tourisme.com/decouvrir/chalons-grandeur-nature/balades-en-barque/




