Bienvenue chez le champion français caché des semi-conducteurs : RIBER.
Le 9 juillet 2026, RIBER a annoncé une nouvelle commande de son client historique 3SP Technologies, filiale française du groupe chinois O-Net Communications.
L’équipement, une plateforme de passivation industrielle, sera livré en 2027 et servira à faire passer un cap à la production de diodes laser à haute puissance destinées aux interconnexions des centres de données d’intelligence artificielle.
Un contrat de plus dans un carnet de commandes qui tient bon, année après année.
Le prétexte idéal chez Media24.fr de vous raconter l’une des plus belles histoires industrielles françaises du moment.
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RIBER, la PME de 121 salariés qui détient 25 % d’un marché stratégique mondial
Que fabrique vraiment RIBER ?
Commençons par le plus simple. RIBER fabrique des machines. De grosses machines industrielles, qui pèsent plusieurs tonnes chacune, occupent la surface d’un petit appartement et qui coûtent entre 3 et 5 millions d’euros pièce. Ces machines sont vendues aux fabricants mondiaux de semi-conducteurs, qui s’en servent pour produire les puces électroniques que l’on retrouve ensuite dans les smartphones, les datacenters, les voitures ou les satellites.
Autrement dit, RIBER est un équipementier. Il joue dans la même catégorie que le géant néerlandais ASML, qui fabrique les machines de gravure sans lesquelles TSMC ne pourrait pas produire les processeurs de Nvidia. À la différence près qu’ASML pèse 30 milliards d’euros de chiffre d’affaires, tandis que RIBER en pèse 40 millions.
Comparaison déséquilibrée en apparence mais qui dit surtout une chose : dans le monde des équipementiers pour semi-conducteurs, il y a la place pour des géants gigantesques et pour des PME de niche extrêmement spécialisées. RIBER appartient à la deuxième catégorie.
Le cœur de métier de RIBER est l’épitaxie par jets moléculaires, ou MBE en anglais pour Molecular Beam Epitaxy. C’est un procédé de fabrication dont l’objectif est de déposer sur une plaque de matériau (typiquement un disque de quelques centimètres de silicium) des couches de semi-conducteurs si fines qu’elles font parfois un seul atome d’épaisseur. Pour parvenir à ce niveau de précision, la machine crée à l’intérieur d’une enceinte fermée un vide extrême, encore plus poussé que celui de l’espace interplanétaire. Ensuite, des cellules chauffées à haute température évaporent les atomes des éléments à déposer (généralement du gallium, de l’arsenic ou de l’indium). Ces atomes voyagent dans le vide en ligne droite et se posent un par un à la surface de la plaque, formant une couche cristalline parfaite. La suite du procédé consiste à empiler ces couches selon un plan très précis, comme on construirait un mur brique par brique en choisissant chaque fois la couleur et la composition de la brique.

Ce type de dépôt hyper-précis est indispensable pour fabriquer certains composants qui n’admettent aucune imperfection : les lasers utilisés dans les fibres optiques des télécoms, les capteurs infrarouges des drones militaires, les VCSEL des systèmes de reconnaissance faciale des smartphones, ou les puces expérimentales des futurs ordinateurs quantiques. Sans machines MBE, aucune de ces technologies ne serait industriellement réalisable.
Outre RIBER, il n’y a que deux autres fournisseurs dans le monde capables d’en produire à ce niveau de qualité : l’américain Veeco et le finlandais DCA. C’est un club fermé, mondialement stratégique, dont la France détient un des trois sièges.
Bezons, l’atelier français qui fait rouler les datacenters
Le site industriel de RIBER se trouve à Bezons, dans une zone d’activité du Val-d’Oise à 20 kilomètres du centre de Paris.
Y travaille l’essentiel des 121 salariés du groupe, les autres se répartissant entre les États-Unis et la Chine. L’entreprise a été fondée en 1964 par des chercheurs français spécialisés dans une technique appelée l’ultravide, qui consiste à maintenir des enceintes à des pressions un million de milliards de fois plus faibles que la pression atmosphérique. En 1977, RIBER bascule ses savoir-faire d’ultravide vers l’épitaxie par jets moléculaires. Presque cinquante ans plus tard, l’entreprise est toujours là, toujours cotée à Paris, toujours dirigée depuis Bezons, et toujours numéro deux mondial sur son créneau.
Le catalogue de Bezons, machine par machine
Toutes les machines de RIBER sortent d’une salle blanche de classe 1000 installée au siège de Bezons. La gamme couvre l’intégralité du spectre, du petit réacteur de laboratoire universitaire à la ligne de production industrielle, avec des tailles de plaques qui vont de trois pouces à 300 millimètres.
| Machine | Format de plaques | Usage |
|---|---|---|
| Compact 21 | 3 pouces | Recherche universitaire et laboratoires |
| MBE 412 | 4 pouces | Production pilote, passage de la paillasse à l’industrie |
| MBE 49 | 5 × 3 pouces, 4 × 4 pouces, 150 et 200 mm | Production industrielle multi-formats |
| MBE 6000 | 3, 4 et 6 pouces, 200 mm | Production de série, le cheval de bataille du catalogue |
| MBE 8000 | Grands volumes | Production industrielle haute cadence |
| ROSIE | 300 mm | Oxydes fonctionnels sur silicium, photonique intégrée |
| Supra Hybrid Platform | Non communiqué | Croissance cryogénique pour la fabrication de qubits |
| Outils de passivation laser | Variable | Traitement de surface à haute cadence des composants laser |
Les machines ne représentent qu’une partie du chiffre d’affaires. RIBER vend aussi les organes internes qui font fonctionner les réacteurs, à commencer par les cellules d’évaporation qui chauffent et projettent les atomes : cellules à effusion classiques, sources à vanne, injecteurs basse température, sources pour matériaux corrosifs, creusets en graphite pour l’indium et le gallium destinés aux nitrures. S’y ajoutent les manipulateurs de plaques, les systèmes de chauffage, les pièces de rechange et la maintenance du parc installé, un segment qui a bondi de 71 % au premier semestre 2026.

L’entreprise complète l’ensemble par deux instruments de contrôle en cours de croissance, EZ-CURVE pour mesurer en temps réel la courbure de la plaque et EZ-REF pour sa réflectivité, ainsi que par son logiciel de pilotage Crystal XE. Ces outils permettent à l’opérateur de vérifier la qualité du dépôt pendant qu’il se produit, sans ouvrir l’enceinte. Enfin, RIBER vend en marque blanche des composants et des sous-ensembles à d’autres fabricants d’équipements, une activité discrète regroupée sous l’étiquette OEM.
Un club fermé de trois acteurs mondiaux
Trois acteurs seulement se partagent 60 % du marché mondial de l’épitaxie par jets moléculaires. L’américain Veeco Instruments mène la course avec environ 30 % de part de marché. Vient ensuite RIBER, avec environ 25 %. Le finlandais DCA Instruments complète le podium. Le reste (Scienta Omicron, Pascal, SVT Associates, Dr. Eberl MBE-Komponenten en Allemagne, EIKO Engineering au Japon, SemiTEq en Russie) se partage les miettes, souvent sur des niches très étroites.
Le marché lui-même reste minuscule au regard des sommes qui circulent dans les semi-conducteurs. Il pèse environ 297 millions de dollars en 2026 (252 millions d’euros), et les projections les plus récentes le voient doubler d’ici 2036 pour approcher 589 millions de dollars (500 millions d’euros). L’Europe y occupe une place à part, avec environ 35 % de la production mondiale, devant l’Amérique du Nord.
Cette étroitesse s’explique par le prix unitaire des machines et par la logique d’équipement. Une usine de semi-conducteurs achète une machine MBE tous les cinq à dix ans, la maintient, l’améliore, puis la remplace quand la génération suivante devient nécessaire. À l’échelle mondiale, cela représente une soixantaine de nouvelles machines livrées chaque année pour l’ensemble du marché. RIBER en livre en moyenne dix à quinze par an. Un rythme lent, mais très rentable, et surtout impossible à concurrencer pour un nouvel entrant : personne n’investira des centaines de millions d’euros pour se battre sur un gâteau de cette taille.
Les chiffres de 2025 confortés par ceux de 2026
RIBER a publié le 8 avril 2026 des résultats annuels 2025 qui montrent une entreprise en bonne santé opérationnelle. Chiffre d’affaires de 40,3 millions d’euros, stable par rapport à 2024. Résultat net en hausse de 27,1 % à 5,2 millions d’euros. Marge brute en progression de 4,7 %. Dette qui devrait être remboursée en 2026 selon Annie Geoffroy, PDG.
Le premier semestre 2026, publié le 22 juillet, confirme la tendance. Le chiffre d’affaires atteint 12,8 millions d’euros au 30 juin, en progression de 19 % sur un an. La croissance vient presque entièrement des services et accessoires, qui bondissent de 71 % à 5,1 millions d’euros, portés par les pièces de rechange destinées aux machines récemment installées et par plusieurs contrats de modernisation en Amérique du Nord. Les ventes de systèmes, elles, stagnent à 7,7 millions d’euros pour trois machines livrées, autant qu’un an plus tôt. Rien d’alarmant : l’activité de RIBER est structurellement saisonnière, l’essentiel des livraisons se concentrant sur le second semestre.
Le carnet de commandes recule légèrement à 26,8 millions d’euros au 30 juin, contre 27,7 millions un an plus tôt. Là encore, le détail compte plus que le total. Les services progressent de 98 % à 10,3 millions d’euros. Les systèmes chutent de 27 % à 16,5 millions, soit quatre machines dont une plateforme ROSIE. Ce chiffre n’intègre toutefois pas encore la commande de 3SP Technologies annoncée le 9 juillet.
ROSIE, le pari du silicium qui pourrait tout changer
La nouvelle plateforme développé par RIBER s’appelle ROSIE, pour RIBER Oxide on Silicon Epitaxy. Elle a été lancée en 2024 après plusieurs années de recherche et développement, avec un objectif clair : rendre l’épitaxie MBE compatible avec les lignes de production 300 millimètres, qui sont devenues le standard mondial pour les usines de semi-conducteurs.
La différence est majeure. Jusqu’ici, les machines MBE de RIBER fonctionnaient sur des plaques plus petites, généralement de 2 à 6 pouces, ce qui limitait leur usage à des semi-conducteurs composés fabriqués dans des usines spécialisées. Avec ROSIE, la même machine peut désormais traiter des plaques de 300 millimètres, la taille utilisée par TSMC, Intel, Samsung ou GlobalFoundries pour toute la production mondiale de puces logiques et mémoire. Autrement dit, RIBER passe d’un marché de niche à un marché de masse, tout en apportant à ce dernier une brique jusque-là indisponible : l’intégration directe de fonctions photoniques sur silicium.
Concrètement, ROSIE permet de déposer sur une plaque de silicium des couches cristallines de matériaux comme le titanate de baryum (BTO) ou le titanate de strontium (STO), qui possèdent des propriétés électro-optiques exceptionnelles. Résultat : les circuits électroniques et photoniques peuvent être intégrés sur une même puce, ouvrant la porte à des modulateurs optiques ultra-rapides à faibles pertes, indispensables pour les futures interconnexions de centres de données et pour l’informatique quantique.
Deux exemplaires de ROSIE ont déjà été commandés en 2025, le premier livré la même année. Le second a été expédié en juillet 2026 à un acteur majeur de l’informatique quantique aux États-Unis. Une machine de production en configuration cluster à double chambre doit sortir des ateliers de Bezons d’ici la fin de l’année, et les premiers échantillons de couches BTO/STO issus du partenariat avec le Novo Nordisk Foundation Quantum Computing Programme seront mis à disposition de la communauté scientifique au quatrième trimestre 2026.
Plusieurs laboratoires et industriels ont déjà réclamé ces échantillons. Si l’adoption industrielle suit, RIBER pourrait à terme démultiplier son chiffre d’affaires, potentiellement au-delà des 100 millions d’euros à l’horizon 2030 selon les analystes qui suivent le titre.
La force du client fidèle
La commande de 3SP Technologies annoncée le 9 juillet 2026 illustre parfaitement le modèle économique de RIBER. Le client français, filiale du groupe chinois O-Net Communications depuis 2014, est un partenaire historique depuis plus de vingt ans. 3SP fabrique à Nozay, dans l’Essonne, des diodes laser à haute puissance à 980 nm et des pompes Raman aux longueurs d’onde 14XX/15XX nm, composants critiques des interconnexions optiques qui relient les serveurs dans les datacenters d’intelligence artificielle.
La nouvelle plateforme de passivation industrielle qu’achète 3SP devrait lui permettre d’augmenter significativement sa capacité de production.
Trois inconnues pour les cinq prochaines années
Le pari RIBER n’est pas gagné d’avance.
La première question touche à la vitesse d’adoption industrielle de ROSIE. Passer d’un marché de recherche à un marché de production de masse demande plusieurs années de validation par les grands fondeurs mondiaux. Si TSMC, Samsung ou Intel décident d’intégrer ROSIE dans leurs lignes 300 millimètres, l’entreprise changera de dimension. Si l’adoption traîne, elle restera sur un rythme de croissance plus limité.
La deuxième inconnue est administrative, et elle vient de là où on ne l’attend pas. Au premier semestre 2026, les autorités françaises ont refusé plusieurs licences d’exportation à RIBER, bloquant plus de 8 millions d’euros de commandes qui n’ont pas pu être enregistrées. Le double de ce que l’entreprise avait perdu sur l’ensemble de l’année 2025. Ce ne sont donc ni les Américains ni les Chinois qui freinent le champion français, mais Paris, dans un contexte de durcissement des procédures d’octroi vers l’Asie. La conséquence est visible dans les comptes : la part de l’Asie dans le chiffre d’affaires est tombée à 48 % au premier semestre, contre 70 % un an plus tôt, tandis que la catégorie « autres pays », tirée par l’Australie, est passée de 2 % à 24 %. RIBER a diversifié ses débouchés dans l’urgence, et plutôt bien mais si huit millions d’euros de commandes perdues sur six mois, pour une entreprise qui en réalise quarante par an, ce n’est pas une paille.
La troisième inconnue concerne la concurrence directe. Veeco, avec ses 30 % de part de marché et une puissance financière bien supérieure (l’américain pèse environ 640 millions d’euros de chiffre d’affaires, près de vingt fois RIBER), pourrait décider d’attaquer frontalement le segment photonique sur silicium. Il a lancé en 2024 son GEN20-Q pour les applications quantiques et prépare des générations suivantes.
La bataille technologique promet d’être serrée sur les cinq années à venir.
La rançon du succès boursier
Reste un dernier paramètre, qui n’a rien à voir avec la technique. Depuis le début de l’année, RIBER est devenu l’une des valeurs préférées des investisseurs particuliers français en quête d’exposition à l’intelligence artificielle. Le titre valait 6,30 euros au lendemain de la publication des résultats annuels, le 8 avril. Il a culminé à 18,50 euros dans les mois qui ont suivi, avant de retomber autour de 9,80 euros à la mi-août. Une entreprise qui réalise 40 millions d’euros de chiffre d’affaires se retrouve ainsi valorisée près de 205 millions, soit cinq fois ses ventes annuelles. Le nombre de ses actionnaires a quadruplé en un an, comme le souligne Annie Geoffroy.
Cet engouement a du bon, il donne à RIBER une visibilité et une capacité de financement dont l’entreprise n’avait pas l’habitude. Il a aussi son revers : cotée sur Euronext Growth avec des volumes d’échange réduits, la valeur amplifie chaque mouvement, à la hausse comme à la baisse. Une déception au 24 septembre, jour des résultats semestriels et des prévisions annuelles, se paierait cash.
Il reste que dans le paysage industriel français, RIBER fait figure d’exception. Une PME de 121 personnes, cotée en bourse depuis les années 1990, rentable, autofinancée, présente commercialement dans une trentaine de pays, avec une part de marché mondiale de 25 % sur une technologie stratégique pour l’IA, la 5G, la photonique et le quantique.
Le prochain rendez-vous est fixé au 24 septembre 2026, avec la publication des résultats semestriels et, surtout, des prévisions pour l’ensemble de l’exercice. D’ici là, la machine de production ROSIE à double chambre doit sortir des ateliers de Bezons et les premiers échantillons BTO/STO partir vers les laboratoires.
Reste à savoir si l’administration française laissera l’entreprise vendre ce qu’elle fabrique !
Sources :
- RIBER, Activité du premier semestre 2026 : croissance de l’activité, carnet de commandes résilient et poursuite du déploiement de ROSIE (22 juillet 2026)
https://www.globenewswire.com/news-release/2026/07/22/3331086/0/fr/RIBER-ACTIVIT%C3%89-DU-PREMIER-SEMESTRE-2026-Croissance-de-l-activit%C3%A9-carnet-de-commandes-r%C3%A9silient-et-poursuite-du-d%C3%A9ploiement-de-ROSIE.html
Chiffre d’affaires semestriel de 12,8 M€ (+19 %), carnet de commandes de 26,8 M€, refus de licences d’exportation françaises pour plus de 8 M€ de commandes, expédition du deuxième exemplaire ROSIE, répartition géographique et calendrier ROSIE. - L’Usine Nouvelle, « 2025 a marqué notre entrée dans le monde du silicium » : leader mondial sur son marché de niche, la PME des semi-conducteurs Riber entame sa diversification (9 avril 2026)
https://www.usinenouvelle.com/electronique-informatique/semi-conducteurs/2025-a-marque-notre-entree-dans-le-monde-du-silicium-leader-mondial-sur-son-marche-de-niche-la-pme-des-semi-conducteurs-riber-entame-sa-diversification.PCEI34HGDRDRPI5WKLQPH7QRWM.html
Portrait détaillé de RIBER, citation d’Annie Geoffroy sur la stratégie ROSIE et la diversification vers le silicium. - Investing.com, Cours action ALRIB, cotation Riber en direct
https://fr.investing.com/equities/riber
Cours au 17 août 2026 (9,79 €), fourchette sur 52 semaines (2,85 € à 18,50 €), capitalisation boursière de 205 M€, effectif de 121 salariés, prochaine publication le 24 septembre 2026. - Research and Markets / GlobeNewswire, Molecular Beam Epitaxy System Research and Market Forecast Report 2026-2036 (6 mai 2026)
https://www.globenewswire.com/news-release/2026/05/06/3288715/0/en/molecular-beam-epitaxy-system-research-and-market-forecast-report-2026-2036-featuring-veeco-instruments-svt-associates-riber-dca-instruments-omicron-electronics-scienta-omicron-eik.html
Projection 2026-2036 : marché à 588,7 M$ en 2036, TCAC 7,1 %, cartographie des principaux acteurs (Veeco, Riber, DCA, SVT, Scienta Omicron, EIKO).
Image de mise en avant : D’après RIBER, la machine Compact 21 est le système MBE commercial le plus performant jamais construit.




