Un moteur d’avion en turbine de 42 MW pour alimenter les data centers de l’IA.
On les attendait dans les airs, les voici dans les centrales ! Boom Supersonic, entreprise américaine connue principalement pour son projet d’avion de ligne supersonique Overture, vient de dévoiler un projet « légèrement » en dehors de son métier d’origine avec Superpower, une turbine à gaz de 42 mégawatts, conçue pour fournir de l’électricité aux centre de données des intelligences artificielles.
Alors comment on utilise une turbine d’avion supersonique pour alimenter un centre de données ? On vous explique tout !
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Boom Supersonic transforme signe commande de 1,25 milliard de dollars pour son Superpower
Le premier client sera Crusoe, un acteur américain du calcul haute performance, avec une commande de 29 turbines, soit 1,21 gigawatt de puissance prévue. Montant du contrat : 1,25 milliard de dollars (environ 1,16 milliard d’euros). Pas mal pour un moteur qui n’a pas encore quitté le banc d’essai !
La turbine Superpower s’appuie sur le cœur moteur Symphony, conçu à l’origine pour des vols supersoniques longue durée. Ce moteur, pensé pour fonctionner à très haute température, a été adapté pour fonctionner au sol, dans des conditions industrielles, sans perte de puissance.
L’IA consomme trop et trop vite
Aux États-Unis, les réseaux électriques sont débordés. Certaines régions ne peuvent plus raccorder de nouveaux centres de données à temps, faute de lignes haute tension disponibles. La solution serait de construire des centrales locales, directement sur site. Crusoe veut ainsi passer outre les lenteurs du réseau en installant ses propres turbines.
C’est là qu’intervient Boom Supersonic. En concevant une turbine ultra-compacte, à haute température, capable de délivrer toute sa puissance même par 43 °C, sans recours à l’eau pour le refroidissement, l’entreprise propose une alternative immédiatement déployable, surtout dans des zones arides ou mal desservies.
Les turbines actuelles perdent jusqu’à 30 % de leur puissance par forte chaleur. Superpower, elle, maintient ses 42 MW sans baisse de rendement et sans eau. Un argument décisif pour les régions du sud-ouest américain.
Une turbine dérivée d’un moteur supersonique
Techniquement, la turbine conserve plusieurs éléments du moteur Symphony, notamment son cœur haute température et son système de surveillance en ligne, hérité du démonstrateur XB-1. À chaque heure de fonctionnement d’une Superpower, Boom collecte des données sur les matériaux, les cycles thermiques, les performances à long terme. Ce qui lui permet de valider indirectement Symphony pour l’aviation civile.
C’est une forme d’intégration verticale inédite. Boom fabrique un produit d’énergie qui sert à financer son avion, tout en améliorant la conception du moteur aéronautique. Une boucle d’innovation bien huilée.

Une usine, un plan de charge, un calendrier
Boom prévoit d’ici fin 2026 un premier prototype complet. Les premières livraisons clients sont annoncées pour 2027. D’ici 2030, l’entreprise ambitionne 4 gigawatts de turbines produites chaque année.
Cela implique la création d’une super usine dédiée à la production de ces turbines industrielles. La capacité initiale visée est de 2 GW par an, avec des lignes d’assemblage conçues pour être évolutives. Les équipements de production sont déjà commandés.
Boom Supersonic vise l’autonomie grâce à l’énergie
En parallèle, la société a levé 300 millions de dollars supplémentaires auprès d’un consortium d’investisseurs (Darsana Capital, Altimeter, ARK Invest, Robinhood Ventures…). L’objectif est clair : financer le développement d’Overture et de Symphony grâce aux ventes de Superpower.
C’est un virage stratégique assumé par Blake Scholl, PDG de Boom :
« Si l’Amérique veut construire à la vitesse de l’IA, l’intégration verticale n’est plus une option. »
En clair : fabriquer ses propres turbines, ses propres moteurs, ses propres lignes de production… pour ne dépendre de personne.
Une soif d’énergie numérique sans précédent
Le pari de Boom n’arrive pas comme un cheveu sur la soupe. La demande mondiale en électricité des data centers explose. En 2024, ces infrastructures consommaient déjà près de 460 térawattheures par an (soit l’équivalent de la consommation électrique du Royaume-Uni). Selon l’Agence internationale de l’énergie, ce chiffre pourrait doubler d’ici 2027, tiré par l’essor de l’IA générative, du cloud et des réseaux 5G.
Face à cette boulimie énergétique, plusieurs pistes se dessinent. Les États-Unis testent des microcentrales au gaz comme celles de Boom ou des SMR nucléaires (petits réacteurs modulaires) à proximité directe des serveurs. L’Europe, elle, mise davantage sur les fermes photovoltaïques couplées à des batteries ou sur l’hydrogène vert. En Chine, des géants comme Baidu et Tencent expérimentent déjà des data centers refroidis par immersion alimentés par des barrages hydroélectriques et des parcs éoliens hybrides. Et les pays nordiques comme la Norvège, la Finlande ou l’Islande transforment le froid naturel en atout pour héberger ces serveurs énergivores à moindre coût.
Source : Communiqué de presse de Boom Supersonic





Quel carburant serait employé pour faire tourner ces moteurs ? Du kérosène ?
l’IA après avoir pris d’assaut la RAM et le stockage pour nos PC si bien que le prix de la mémoire a explosé au point de devenir quasi inabordable pour le grand public, va maintenant en faire de même avec les réacteurs d’avions, l’électricité, l’écologie (qui est en pleine régression)
Vivement que cette bulle spéculative explose car en plus de causer déjà des dizaines et même plutôt centaines de millions d’emplois à travers le monde elle va accélérer l’inflation et la destruction de notre trop bonne vieille planète
Pas un mot dans cet article sur le carburant utilisé ?
Combien de baril / MWh
Quelles émissions de CO2 en tonne / MWh ?
Superpower, une turbine à gaz de 42 mégawatts
Tout dépend du gaz utilisé…
C’est loin d’être un scoop, lors d’une visite de production d’électricité en 1973, j’ai visité une centrale électrique d’appoint qui démarrait lors des pointes de consommation électrique. Une centrale turboJet comme on les appelaient à l’époque.
Alimentée en kérogène via deux citernes de 50000litres.
quel sera la consommation et son prix de consommation ? Par rapport aux turbine hydroélectrique ??