Sur le terrain, beaucoup de particuliers me font le même retour depuis quelques semaines : « on dirait qu’il y a moins de frelons et de guêpes que d’habitude ». Je ne m’appuie pas seulement sur leur ressenti : dans mon activité, je reçois nettement moins de demandes d’intervention sur des nids que les autres années à la même période. Après vingt ans de métier, le constat est net mais l’explication n’a rien de rassurant. La canicule n’a pas éliminé les frelons. Elle a surtout trié les nids, et déplacé les survivants là où on ne pense jamais à regarder.
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Vous croisez moins de frelons cet été ? La canicule en est la cause, mais ce n’est pas moins dangereux.

Ce que montrent mes propres données
Ce ressenti, je peux le mettre en carte. Chaque demande d’intervention qui remonte à notre réseau est enregistrée, département par département. Voici la photographie de la saison 2026 en cours (au 25 juillet) :

Deux choses sautent aux yeux. D’abord la géographie : la demande se concentre sur le pourtour méditerranéen et le Sud-Ouest, avec quelques foyers isolés : le Nord, la vallée du Rhône, l’Aveyron; là où guêpes et frelons restent les plus actifs. Ensuite, et c’est le plus parlant en pleine saison : près de la moitié des départements couverts totalisent moins de dix demandes sur l’ensemble de l’été, et plusieurs n’en enregistrent aucune. À la mi-juillet, quand le téléphone devrait sonner sans arrêt, ces silences-là ne sont pas habituels : à la même période l’an dernier, notre réseau recevait 60 à 70 % de demandes en plus, et bien mieux réparties sur le territoire.
Un été qui a tout sauf ralenti
La cause, personne ne l’ignore : la chaleur. La France vient d’enchaîner trois vagues de chaleur en une cinquantaine de jours, du printemps le plus chaud jamais mesuré à un mois de juillet qui a battu des records tous mois confondus, jusqu’à 42,1 °C relevés à Saintes le 12 juillet, et des valeurs jamais atteintes en juillet un peu partout dans le pays.
Ce qu’on regarde moins, en revanche, c’est le second facteur : la sécheresse. Météo-France classe les sols superficiels parmi les 10 % les plus secs jamais enregistrés à cette période, et il n’a quasiment pas plu depuis des semaines. Or c’est précisément cette combinaison : chaleur extrême + manque d’eau, qui explique ce que j’observe sur le terrain. Reste la vraie question : pourquoi elle frappe durement certains nids et en épargne d’autres.
Pourquoi les jeunes nids ont trinqué
Pour comprendre, il faut se rappeler comment un nid régule sa température. Un frelon ne « supporte » pas la chaleur : il la combat. Les ouvrières ventilent en battant des ailes pour créer un courant d’air, et surtout elles ramènent de l’eau qu’elles étalent sur les alvéoles. En s’évaporant, cette eau refroidit le nid, exactement comme la transpiration sur notre peau. C’est de la climatisation biologique.
Le problème, c’est que ce système demande deux choses qu’un jeune nid n’a pas encore.
D’abord, du monde. En début de saison, une colonie fondée au printemps ne compte qu’une poignée d’ouvrières. Trop peu pour ventiler en continu et faire les allers-retours d’eau pendant qu’un dôme à 40 °C écrase la région. Les bras manquent au pire moment.
Ensuite, de l’inertie. Un petit nid, c’est une petite masse : sa température intérieure suit les pics extérieurs presque en temps réel, sans amortir. Un gros nid établi, lui, encaisse. Sa masse fait tampon, et ses centaines d’ouvrières assurent la relève. C’est toute la différence. Là où les colonies matures traversent la canicule, beaucoup de jeunes fondations n’ont pas tenu : couvain surchauffé, réserves d’eau introuvables à cause de la sécheresse, et fondatrice qui s’épuise. Résultat quelques semaines plus tard : moins de frelons en vol.
Attention à la fausse bonne nouvelle
C’est là qu’il faut être prudent. « Moins de frelons visibles » ne veut pas dire « moins de danger ». Cela veut dire que ceux qui ont survécu sont, par définition, les mieux protégés de la chaleur et donc les plus discrets.
Or les meilleurs abris thermiques ne sont pas les nids aériens en pleine lumière, ceux qu’on repère facilement dans un arbre. Ce sont les cavités. Depuis le début de l’été, je retrouve une part inhabituelle de nids logés dans des murs, des parpaings creux, des souches, des tas de bois, des coffres de volet, des cavités de toiture ou des trous dans le sol. Ces emplacements offrent exactement ce qui manque dehors : de l’ombre, une masse qui tamponne les écarts de température, et une fraîcheur relative.
La canicule n’a pas fait disparaître les frelons : elle a favorisé ceux qui savaient se mettre à l’abri.
Ce que ça change pour vous, concrètement
Le réflexe habituel : « je lève les yeux, je cherche une grosse boule grise dans un arbre » devient trompeur cet été.
Un nid dans un mur ou une souche ne se voit pas ; il se repère au trafic. Si vous observez un va-et-vient régulier de guêpes ou de frelons entrant toujours au même endroit dans une maçonnerie, un tronc creux ou sous une toiture, il y a de fortes chances qu’un nid soit installé à l’intérieur, à l’abri des regards comme de la chaleur.
Deux consignes valent de l’or dans ces cas-là. Ne bouchez jamais l’orifice : les insectes cherchent une autre sortie et se retrouvent… à l’intérieur du logement.
N’intervenez pas vous-même sur un nid en cavité : le confinement rend l’opération plus délicate qu’un nid aérien, et un traitement mal fait ne fait souvent que déplacer le problème.
À retenir :
- Moins de frelons visibles cet été ≠ été calme : c’est la conséquence de canicules répétées et d’une sécheresse record.
- Les jeunes nids manquent d’ouvrières pour ventiler et transporter l’eau, et d’inertie thermique pour amortir les pics : beaucoup n’ont pas résisté.
- Les survivants se réfugient dans les cavités (murs, parpaings, souches, toitures) — plus frais, mais bien plus difficiles à repérer et à traiter.
- Un nid en cavité se repère au va-et-vient, pas à l’œil. Ne bouchez jamais l’entrée.
Le bon réflexe si vous avez un doute
En saison atypique, mieux vaut faire identifier un trafic suspect avant qu’une colonie discrète ne grossisse à l’abri d’un mur. Chez ALLO FRELONS, nous intervenons partout en France pour la destruction des nids de guêpes, frelons et frelons asiatiques, y compris dans les configurations difficiles en cavité. Nos techniciens sont certifiés Certibiocide, annoncent un tarif clair et transparent avant toute intervention, et interviennent en professionnels de proximité. Un doute sur un va-et-vient dans un mur ou une souche ? Mieux vaut un diagnostic aujourd’hui qu’un nid installé dans la structure de la maison en fin d’été.
Sources :
- Météo-France — Épisodes de fortes chaleurs et canicules de l’été 2026 ; indicateur d’humidité des sols (SWI) en zone « record sec » ; records de température de juillet 2026.
- Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) — Cycle de développement et thermorégulation du frelon asiatique (Vespa velutina) : ventilation par les ouvrières et refroidissement par évaporation.
- Observations de terrain — Réseau national de professionnels de la désinsectisation, été 2026.
Image de mise en avant : Un nid de frelons récupéré dans une cheminée à Lisle sur Tarn.




