En 1980, ils étaient 25 acteurs et 15 chevaux pour trois représentations. Cet été, ils sont 700.
Le spectacle historique du château de Saint-Fargeau, dans l’Yonne, referme sa saison ce week-end. Réputé comme le deuxième plus grand spectacle historique de France (après le Puy du Fou), il aura encore cette année mobilisé 700 bénévoles, dont 600 acteurs et 50 cavaliers, pour une fresque d’une heure trente qui parcourt mille ans d’histoire, de la fondation du château en 980 à la Libération de 1944.
Environ 30 000 spectateurs s’assoient chaque été dans les tribunes dressées face aux six tours de brique rose, et il ne vous reste que deux occasions d’y assister, les 21 et 22 août. Après, il faudra attendre 2027 !
Lire aussi :
- On l’appelle la « Venise pétillante » et elle cache 300 mètres de canaux sous ses pavés que l’on parcourt en barque jusqu’en décembre : Châlons-en-Champagne
- Un des projets architecturaux les plus insolites du monde est à 2H30 de Paris et a été lancé il y a 25 ans
Dernière chance d’assister au spectacle historique du château de Saint-Fargeau en 2026
Un château racheté sur un coup de tête, un spectacle inventé pour payer les travaux
L’histoire commence par une image à la télévision. À la fin des années 1970, Michel Guyot voit passer un reportage sur un château à l’abandon en Puisaye. Avec son frère Jacques, il rachète l’ensemble : deux hectares de toitures percées, un parc de 120 hectares en friche, et une facture de restauration hors de portée de deux particuliers.
La solution trouvée tient dans une idée simple et un peu folle : puisque le château coûte cher, il va se payer lui-même en devenant un décor !
En 1980, la première représentation réunit 25 acteurs et 15 chevaux, trois soirs. Les habitants de Saint-Fargeau, les Fargeaulais, jouent leur propre histoire dans le parc de leur propre village.
Plus de quarante ans plus tard, le spectacle ne finance plus seulement les travaux : il est devenu la principale raison de venir à Saint-Fargeau. L’association « Les Amis du château de Saint-Fargeau » encadre les bénévoles, les costumières veillent sur un stock de plus de 6 000 pièces, certaines récupérées de tournages, d’autres cousues à la main, et la régie aligne environ 250 projecteurs.
Déroulé de la soirée à Saint-Fargeau
Le parc ouvre à 19h, et cette précision compte. Les deux heures qui précèdent la représentation font partie du dispositif : les acteurs déambulent déjà en costume, les écuries se visitent, une exposition de véhicules militaires d’époque attend au détour d’une allée, les animaux de la ferme se laissent caresser et les food trucks de producteurs locaux servent sur de grandes tables communes. Les tribunes ouvrent à 21h, le spectacle démarre à 22h en août.
Suivent une quinzaine de tableaux enchaînés sur une heure trente : la chasse d’Héribert, évêque d’Auxerre et demi-frère d’Hugues Capet, qui fonde le château en 980 ; le passage de Jeanne d’Arc ; un tournoi de chevaliers ; l’arrivée de la Grande Mademoiselle, cousine de Louis XIV exilée là après la Fronde ; la Révolution ; puis la Libération. Le tout avec cascades équestres, pyrotechnie, feux d’artifice au-dessus de la pièce d’eau et projections monumentales sur les façades, qui transforment la brique en écran.

Le décor n’est pas un plateau reconstitué mais le parc lui-même, cent vingt hectares de pelouses, d’arbres et de pièces d’eau. Un chien qui traverse le champ, une vache qui suit son propre programme : ces incidents-là font partie du charme du genre, et ceux qui ont vu le spectacle plusieurs fois (dont l’auteur de cet article) vous diront qu’ils ne le voient jamais deux fois pareil !
Une communauté qui se transmet le rôle
Le vrai sujet de Saint-Fargeau n’est pas pyrotechnique. Il est social. Les bénévoles sont boulangers, avocats, agriculteurs, retraités, lycéens. Certains figurent au générique depuis les années 1980, d’autres ont commencé à six mois dans les bras d’un parent. Avant chaque représentation, tout le monde partage un repas commun, puis passe au costume.
Dans les coulisses règne un désordre organisé qui ressemble à une fête de famille : un casque qu’on cherche, un collant qui craque, un cavalier qui échauffe sa monture pendant qu’un autre relit son texte. Chaque année, les Fargeaulais sont plus nombreux à vouloir participer, sur scène comme aux costumes, aux lumières ou aux décors. C’est ce qui distingue Saint-Fargeau d’un parc à thème : personne n’y est employé pour jouer, tout le monde y vient parce que le village entier considère le château comme son affaire.
À dix minutes, un chantier qui construit un château fort depuis 1997
Si vous êtes de passage dans la région, gardez en tête que Michel Guyot ne s’est pas arrêté à Saint-Fargeau et qu’à dix minutes en voiture, il y a Guédelon.
Lancé en 1997, avec les premiers coups de pioche l’année suivante, c’est un projet fou auquel personne ne croyait à l’époque : bâtir un château fort du XIIIe siècle dans une ancienne carrière de grès, à Treigny, en n’utilisant que les matériaux du site et les techniques documentées de l’époque.
Le chantier emploie environ 70 salariés dont 45 œuvriers, et accueille près de 300 000 visiteurs par an, ce qui lui permet de s’autofinancer alors qu’il était subventionné au départ. Prévu pour durer vingt-cinq ans, il joue les prolongations et devrait s’achever autour de 2030. Pour la saison 2026, les toitures des deux tours du châtelet d’entrée sont attaquées, la porte monumentale s’élève entre les deux tours, et la salle de la herse s’ouvre au public pour la première fois.
Le site reste accessible jusqu’au 1er novembre, et il faut compter une demi-journée au minimum, une journée entière pour bien faire. Ce week-end, c’est même le programme idéal : Guédelon dans la journée, Saint-Fargeau à la nuit tombée.

Deux soirs, et c’est fini pour cette année
L’édition 2026 court du 10 juillet au 22 août, les vendredis et samedis uniquement.
Au moment où vous lisez ces lignes, il reste donc exactement deux représentations : le vendredi 21 et le samedi 22 août.
| Information | Détail |
|---|---|
| Dernières dates 2026 | Vendredi 21 et samedi 22 août |
| Horaires | Parc ouvert dès 19h, tribunes à 21h, spectacle à 22h en août, durée 1h30 |
| Tarifs | 22 € à partir de 13 ans, 13 € de 5 à 12 ans, 18 € tarif réduit sur justificatif, gratuit en dessous de 5 ans |
| Tarif réduit | Étudiants, demandeurs d’emploi, personnes en situation de handicap, familles à partir de trois enfants |
| Groupes | 18 € à partir de 20 personnes, sur réservation auprès du château |
| Accès | Place du château, 89170 Saint-Fargeau. Parkings gratuits fléchés les soirs de représentation |
| Météo | Spectacle maintenu par temps de pluie, sans remboursement ni échange |
| Accessibilité | Accueil fauteuil roulant au 03 86 74 05 67, navette depuis l’entrée route de Saint-Amand |
Quelques règles à connaître avant de partir, parce qu’elles surprennent une partie du public chaque année.
- Les sièges pliants personnels, les poussettes et les chiens sont interdits
- Les enfants de moins de 5 ans doivent rester sur les genoux d’un adulte, et certaines scènes peuvent les impressionner
- Les tribunes sont découvertes : prévoyez de quoi vous couvrir, la nuit se rafraîchit vite fin août
- Arrivez au moins 45 minutes avant le début pour le stationnement et l’accès aux gradins
- Les chèques vacances sont acceptés uniquement pour les réservations par courrier ou sur place
La réservation est vivement conseillée, plusieurs soirées affichant complet chaque saison. Le château, lui, ne ferme pas avec le spectacle : les visites guidées se poursuivent du mardi au dimanche matin jusqu’au 11 novembre.
Reste que ce week-end, si les 700 bénévoles rangent les costumes samedi soir, il faudra attendre juillet 2027 pour revoir Jeanne d’Arc traverser le parc au galop !
Pour en savoir + :
Château de Saint-Fargeau — Spectacle historique
https://saint-fargeau.com/spectacle
Dates officielles de l’édition 2026, conditions d’accès aux tribunes, tarif réduit et règles applicables aux enfants de moins de cinq ans.




