On pensait impossible d’utiliser la Terre comme source d’énergie mais une expérience crée la sensation en utilisant la rotation de notre planète

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Une expérience réussit l’impensable : capter de l’électricité grâce à la rotation de la Terre.

Une équipe de chercheurs a mesuré une tension électrique générée simplement… par la rotation de la Terre. Oui, vous avez bien lu. Pas besoin de vent, ni de soleil, ni même de barrage. Juste notre planète qui tourne sur elle-même. Et un petit cylindre très spécial.

Lire aussi :

Va-t-on réussir à alimenter nos besoin en électricité en utilisant la rotation de la Terre ?

Depuis longtemps, les manuels de physique sont formels : on ne peut pas extraire de l’électricité du champ magnétique terrestre si l’objet qui tente la récolte tourne en même temps que la Terre.

Pourquoi ? Parce que l’électron se rebelle. Lorsqu’un conducteur se déplace dans un champ magnétique, une tension se crée, certes, mais si ce mouvement est parfaitement synchrone avec la source du champ (ici, la Terre), alors les électrons s’arrangent pour neutraliser l’effet. En théorie… Puisque c’est précisément cette hypothèse que des chercheurs de Princeton, du Jet Propulsion Laboratory et de Spectral Sensor Solutions ont voulu remettre en question.

Une expérience avec un cylindre noir de 6 centimètres

Pour tester leur idée, les scientifiques ont fabriqué un cylindre creux de ferrite manganèse-zinc, un matériau connu pour ses propriétés magnétiques très particulières. Il est semi-conducteur, faiblement magnétique, mais surtout : il ne perturbe pas trop les lignes du champ magnétique terrestre. Idéal pour ce type d’expérience.

Un dispositif de petite taille : moins de 10 centimètres de long, pour un coût  presque ridicule comparé au séisme scientifique que l’expérience réussie provoquerait.

Orienté perpendiculairement au champ magnétique terrestre, à 57 degrés, dans une configuration bien précise : l’axe de la Terre d’un côté, les lignes de champ de l’autre. L’expérience est menée dans l’obscurité totale pour éviter les interférences lumineuses, et avec un blindage électromagnétique pour exclure les parasites.

Vous avez désormais le tableau en tête.

18 microvolts venus de nulle part… ou presque

Une fois l’appareil aligné, des électrodes ont été placées de chaque côté et… Les scientifiques ont simplement laissé la Terre tourner. Littéralement.

Résultat ? 18 microvolts. Pas assez pour faire griller un grille-pain, mais bien plus que ce que prévoyait la physique “classique” : zéro !

L’effet repose sur une faille dans les preuves classiques

L’argument théorique qui interdit de générer du courant en tournant avec la Terre repose sur un raccourci : que le champ magnétique est parfaitement symétrique, et que les matériaux utilisés ne modifient pas cette situation.

Sauf que la ferrite, elle, a un nombre de Reynolds magnétique très faible. En gros, elle laisse passer les lignes de champ sans trop les déformer, mais les canalise assez pour les “capturer” dans sa structure. C’est cette subtilité qui change tout dans l’expérience présente.

Le cylindre ne produit pas de tension malgré la rotation : il en produit grâce à elle, car son comportement magnétique interne ne suit pas exactement celui de la Terre.

Une piste pour produire de l’énergie “statique” ?

Pour le moment, pas encore question d’éclairer une maison avec la Terre. La tension mesurée est des millions de fois trop faible pour une exploitation industrielle. Mais l’effet est là, mesuré, confirmé, reproductible.

Ce qui fascine, c’est l’idée qu’on puisse extraire de l’énergie sans mouvement mécanique externe, ni flux, ni rayonnement. Juste en se plaçant dans le bon cadre, au bon moment, avec la bonne matière.

On pourrait envisager des capteurs longue durée, alimentés sans batterie, dans des environnements isolés. Des micro-dispositifs spatiaux, ou des sondes enterrées, qui s’alimentent par présence.

France et Royaume-Uni vont développer une batterie nucléaire spatiale avec un élément parfait pour ce rôle : l’américium-241

Des validations indépendantes sont attendues

La prudence reste de mise. Les chercheurs eux-mêmes insistent : il faut reproduire l’expérience ailleurs, dans d’autres conditions, avec d’autres instruments.

Mais cette première validation expérimentale donne une base. Elle montre que certains axiomes que l’on croyait gravés dans le marbre méritent parfois d’être testés à nouveau. Et qu’une simple rotation, bien comprise, peut suffire à bousculer quelques certitudes.

Source :

Experimental demonstration of electric power generation from Earth’s rotation through its own magnetic field

Christopher F. Chyba, Kevin P. Hand, Thomas H. Chyba

Publié le 19 mars 2025

https://doi.org/10.1103/PhysRevResearch.7.013285

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Guillaume AIGRON
Guillaume AIGRON
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