Le projet de recharge sous-marine le plus high-tech du monde propose d’utiliser cette classe particulière de laser sur les drones sous-marins : DEEP LIGHT

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Va-t-on avoir bientôt avoir des stations-services laser pour drones sous-marins ?

Il y a des projets d’ingénierie qui forcent l’admiration avant même d’avoir produit le moindre prototype.

Celui de station de recharge sous-marine au laser bleu, dévoilée le 12 juin 2026 par l’Américain NUBURU et l’Italien SunCubes, en fait nécessairement partie.

L’idée est tout de même de recharger des drones sous-marins à coup de laser bleu ! Cela valait bien la peine que Media24.fr vous fasse un article pour vous expliquer les tenants et aboutissants du projet DEEP LIGHT.

Lire :

L’Américain NUBURU et l’Italien SunCubes lance DEEP LIGHT, un projet de station de recharge sous-marine au laser bleu

Pourquoi les drones sous-marins ont un vrai problème ?

Les AUV (Autonomous Underwater Vehicles, ou véhicules sous-marins autonomes) sont devenus en quelques années des outils stratégiques. Ils inspectent les pipelines offshore, surveillent les câbles internet qui font passer 95 % du trafic mondial, cartographient les fonds marins pour la science, et de plus en plus, surveillent les zones grises de la guerre hybride. Sauf qu’ils partagent tous le même handicap : une batterie limitée.

Aujourd’hui, recharger un AUV demande de le faire remonter à la surface (où il devient vulnérable et visible) ou de l’amarrer à une station de recharge filaire au fond de l’eau (ce qui exige un docking précis, complexe à exécuter dans le noir et les courants). Dans les deux cas, on perd des heures, parfois des jours, et l’engin ne fait rien pendant ce temps. Pour des missions militaires ou de surveillance d’infrastructures critiques, c’est une fenêtre opérationnelle béante.

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L’idée d’un transfert d’énergie sans fil sous l’eau n’est pas neuve. Le MIT Sea Grant y travaille depuis 2019 avec des métamatériaux à induction. Plusieurs équipes japonaises ont testé la résonance magnétique. Le souci, c’est que ces techniques ne fonctionnent qu’à très courte distance, quelques centimètres pour l’induction classique. Pour dépasser les dix mètres, il faut sortir l’artillerie lourde. C’est là qu’arrive le laser bleu.

Les deux acteurs : un Américain en difficulté, une startup italienne ambitieuse

Côté américain, NUBURU est une société basée à Denver et cotée au NYSE American, l’un des très rares industriels au monde à produire des lasers bleus de forte puissance. Elle traverse cependant une mauvaise passe financière depuis 2024 et cherche un nouveau souffle en Europe. Début 2026, elle a racheté Lyocon, un fabricant italien de sources laser basé à Vigevano près de Milan, qui sera son bras armé sur ce projet.

Côté italien, SunCubes est une jeune pousse spécialisée dans la transmission d’énergie sans fil par voie optique. C’est elle qui a remporté l’appel à projets du PNS (Polo Nazionale della Dimensione Subacquea), le pôle national italien de la dimension sous-marine, soutenu par la Marina Militare. SunCubes travaille en partenariat avec une autre startup italienne, Dualee, et bénéficie du soutien financier de CDP Venture Capital, l’équivalent italien de Bpifrance.

Le projet DEEP LIGHT

Le projet, baptisé DEEP LIGHT, a été présenté au Centre de soutien et d’expérimentation navale de La Spezia lors du PNS Progress Meeting. L’architecture est limpide à décrire mais coriace à mettre au point. Un émetteur laser de haute puissance posé sur le fond marin, raccordé à une source d’énergie (câble, éolienne offshore, batterie), tire un faisceau bleu vers un récepteur monté sur l’AUV qui s’approche.

Le récepteur convertit la lumière en électricité et rechare les batteries embarquées sans contact ou câble à brancher !

Si ce projet se concrétise, les drones sous-marins pourraient rester opérationnels pendant des semaines, voire des mois, sans jamais remonter en surface. Le marché potentiel évoqué par NUBURU se compte « en milliards de dollars » et concerne aussi bien les opérations militaires que la surveillance des oléoducs, l’inspection des champs éoliens offshore, la maintenance des câbles internet sous-marins ou l’exploration scientifique abyssale.

Pourquoi un laser bleu ?

Reste la question qui intriguera le plus le profane : pourquoi du laser bleu ? Pourquoi pas du vert, du rouge, du jaune, ou simplement « du laser » ? La réponse tient à une particularité optique fascinante de l’eau de mer.

L’eau n’absorbe pas toutes les couleurs de la lumière de la même façon. Le rouge et le proche infrarouge sont mangés en quelques mètres, ce qui explique d’ailleurs pourquoi tout devient bleuté quand on plonge en apnée. La lumière bleue et bleu-verte, entre 450 et 530 nanomètres environ, traverse l’eau beaucoup plus loin, avec une atténuation minimale. C’est ce qu’on appelle la « fenêtre de transmission » de l’océan, et c’est le seul créneau dans le spectre lumineux qui permet de transporter de l’énergie sur plusieurs dizaines de mètres sous l’eau sans la perdre quasi instantanément.

Très peu d’industriels savent fabriquer des lasers bleus de forte puissance. Le bleu est techniquement plus dur à produire que l’infrarouge, car les semi-conducteurs adaptés (nitrure de gallium principalement) sont plus complexes à manipuler. NUBURU s’en est fait une spécialité depuis sa création, originellement pour des applications industrielles (soudure du cuivre, fabrication additive). Le passage au sous-marin semble donc une extension naturelle de ce savoir-faire.

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Tout le monde n’y croit pas

Reste qu’au-delà de la beauté du concept, plusieurs chercheurs continuent de douter. Une partie de la communauté scientifique considère encore le laser sous-marin comme peu pratique pour la recharge (Underwater Wireless Power Transfer), à cause de trois défis cumulés. D’abord, les pertes de conversion entre électricité, lumière puis à nouveau électricité, qui dégradent l’efficacité globale. Ensuite, les contraintes d’alignement précis : un faisceau laser est par nature directionnel, et un AUV qui se balance dans le courant a vite fait de perdre la cible. Enfin, les risques de sécurité pour la faune marine et les éventuels plongeurs croisant la trajectoire.

Si NUBURU et SunCubes réussissent à industrialiser un système viable, ils résoudront un problème que beaucoup considéraient comme insoluble. La distance entre une démonstration laser dans une piscine d’essais et un système opérationnel à 100 mètres de profondeur, avec courants, particules en suspension, sel et biofilms qui se déposent sur les optiques, est immense mais si DEEP LIGHT y arrive, c’est toute la guerre sous-marine du XXIᵉ siècle qui changera de visage.

En résumé sur le projet DEEP LIGHT :

En résumé sur le projet DEEP LIGHT
En résumé sur le projet DEEP LIGHT

Sources :

Image de mise en avant réalisée à l’aide de Canva et de Dall-E à des fins de représentation de l’article.

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Guillaume AIGRON
Guillaume AIGRON
Très curieux et tourné vers l'économie, la science et les nouvelles technologies, (particulièrement ce qui touche à l'énergie et les entreprises françaises) je vous propose de de découvrir les dernières actualités autour de cette passion

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