Après plus d’un quart de siècle de développement et une longue série de faux départs, ce drôle de BBQ sous-marin australien s’apprête enfin à toucher l’eau.
L’entreprise australienne Carnegie Clean Energy vise octobre 2026 pour immerger son convertisseur d’énergie des vagues CETO au large d’Armintza, sur le site d’essai basque de BiMEP, dans le golfe de Gascogne.
Les autorités espagnoles ont donné leur feu vert en mai 2026, l’assemblage des trois modules de conversion, confié à l’équipementier suédois SKF, touche à sa fin, et la société a levé fin juillet 2,5 millions de dollars australiens (environ 1,4 million d’euros) pour enchaîner ensuite sur une ferme de plusieurs mégawatts.
Un rendez-vous attendu de longue date, dans un secteur qui a connu bien des déconvenues.
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CETO va enfin pouvoir prouver son utilité à partir d’octobre 2026
Carnegie commencera par poser les fondations et les lignes d’ancrage au fond, sur le berceau de BiMEP, avant d’y arrimer l’engin lui-même, pour une campagne d’essais de deux ans directement raccordée au réseau électrique espagnol. Le site n’a pas été choisi au hasard : la côte d’Armintza est réputée pour ses conditions de mer musclées, exactement ce qu’il faut pour éprouver la résistance d’une machine. CETO y prendra place entre l’éolienne flottante DemoSATH de SAITEC et le laboratoire d’essais HarshLab de Tecnalia, au milieu d’un véritable terrain de jeu des énergies marines.
Reste que la date d’octobre n’est encore qu’un objectif. L’entreprise elle-même prévient que le calendrier dépend de la disponibilité des navires, des délais d’approvisionnement et surtout de la météo océanique. La version précédente de ce projet visait d’ailleurs 2025, preuve que la mer impose son propre tempo !
L’aventure basque, baptisée programme ACHIEVE, repose sur un empilement d’aides publiques. Le programme européen EuropeWave, doté au total de 20 millions d’euros, a retenu Carnegie parmi ses trois lauréats de phase 3, pour une enveloppe de 3,75 millions d’euros. S’y ajoutent le dispositif espagnol RENMARINAS DEMOS (1,2 million d’euros) et l’agence basque de l’énergie via son initiative ACHIEVE+ (2,1 millions d’euros).
Signe de son engagement dans la région, l’entreprise y a ouvert des bureaux et mène la démonstration par l’intermédiaire de ses filiales irlandaise et espagnole.
Pourquoi tout se joue sous l’eau
Avec CETO (du nom d’une déesse grecque de la mer, tranche avec l’image d’Épinal de l’houlomoteur), oubliez les projets de centrales houlomotrices constituées de grands serpents articulés qui tanguent en surface ou les bouées géantes ballottées par la houle. Ici, tout se passe sous l’eau. Un flotteur immergé, l’actionneur flottant, oscille au gré du mouvement des vagues et entraîne un système de conversion, le power take-off, qui transforme cette danse mécanique en électricité acheminée vers la côte par un câble sous-marin.
L’immersion totale permet d’échapper à la fureur des tempêtes et de ne pas défigurer le paysage… une pierre, deux coups !
La longue marche de CETO
L’histoire de CETO est celle d’un marathon, entamé dès 1999. Les premières unités, testées près de Perth en Australie-Occidentale, ont progressivement gagné en taille et en puissance, passant d’un flotteur de 7 mètres à un modèle de 11 mètres.
Le chemin fut semé d’embûches : une unité CETO 4 livrée à La Réunion en 2012, en partenariat avec EDF Énergies Nouvelles, a notamment été endommagée et emportée par un cyclone début 2014.
Le projet phare de 1,5 mégawatt prévu à Albany, lui, a été abandonné fin 2019, au terme d’une traversée financière particulièrement difficile pour l’entreprise.
| Génération | Puissance | Site et année | Statut |
|---|---|---|---|
| CETO 3 | 80 kW | Garden Island (Perth), 2011 | Testé en mer, non raccordé au réseau |
| CETO 5 | 240 kW | Garden Island (Perth), 2014-2015 | Raccordé au réseau en 2015, ~13 000 heures cumulées |
| CETO 6 | 1 à 1,5 MW (prototype commercial) | Albany (démonstration planifiée), jusqu’en 2019 | Projet abandonné fin 2019 |
| Unité ACHIEVE | Échelle démonstrateur, raccordée réseau | BiMEP (Pays basque), 2026 | Mise à l’eau visée en octobre, cap sur 5 MW commercial |
L’unité qui doit plonger à BiMEP se situe dans le prolongement de cette lignée, avec l’ambition de préparer le terrain à un modèle commercial de 5 mégawatts, première marche vers des fermes houlomotrices à grande échelle.
Un potentiel immense, une percée qui se fait attendre
Selon l’agence américaine de l’information sur l’énergie, le potentiel théorique des vagues au large des seules côtes américaines représente 2 640 milliards de kilowattheures par an, soit l’équivalent d’environ 63 % de la production d’électricité des États-Unis. Un chiffre à manier avec précaution : il s’agit d’un maximum théorique, et la part réellement exploitable serait bien plus modeste. Les spécialistes tablent plutôt sur 10 à 20 % du mix électrique à très long terme, ce qui reste énorme.
Les vagues ont de sérieux atouts dans leur manche. Elles concentrent bien plus d’énergie par mètre carré que le vent ou le soleil, et surtout elles sont prévisibles plusieurs jours à l’avance, là où la production solaire et éolienne se montre nettement plus capricieuse. De quoi en faire un complément séduisant dans un mix électrique, à condition de savoir capter cette énergie sans se faire broyer.
L’énergie des vagues reste en 2026 le parent pauvre des renouvelables, loin derrière le solaire et l’éolien qui, eux, ont vu leurs coûts s’effondrer. Le cimetière du secteur est bien garni, des serpents Pelamis à la vanne Oyster d’Aquamarine, tous rattrapés par la même équation : dompter une mer qui casse tout ce qu’elle touche, à un prix compétitif. Aucune filière houlomotrice n’a encore atteint le stade commercial à grande échelle, nulle part dans le monde.
Rendez-vous à l’automne, si l’océan le permet, pour savoir si ce BBQ sous-marin australien tiendra la promesse que tant d’autres avant lui n’ont pas su honorer !
Sources :
- Offshore Energy, PTO module assembly starts for BiMEP-destined wave energy unit ahead of October deployment (29 juin 2026)
PTO module assembly starts for BiMEP-destined wave energy unit ahead of October deployment
Assemblage des trois modules de conversion chez SKF, calendrier de déploiement progressif, objectif d’octobre 2026, propos du PDG Jonathan Fievez. - Offshore Energy, Relevant Spanish authorities grant approval for CETO’s deployment at BiMEP (18 mai 2026)
Relevant Spanish authorities grant approval for CETO’s deployment at BiMEP
Autorisation espagnole de déploiement, paiement d’étape EuropeWave, campagne d’essais de deux ans en vue de la commercialisation. - Carnegie Clean Energy, Achieve Programme
Détail des financements (EuropeWave, RENMARINAS DEMOS, ACHIEVE+), présentation du site BiMEP et de la technologie CETO. - U.S. Energy Information Administration, Wave power (Hydropower explained)
https://www.eia.gov/energyexplained/hydropower/wave-power.php
Potentiel houlomoteur théorique américain (2 640 milliards de kWh, ~63 % de la production électrique), absence de centrale houlomotrice commerciale aux États-Unis.





Encore un bidule totalement illusoire. Comment faire encore moins efficace que les eoliennes avec encore plus d’impacts environementaux. Entre cela et les moteurs à eau (la machine à vapeur ?) On n’est pas sorti d’affaire!
Manque juste les infos et chiffres utiles pour juger… Les watts produites, le coût d’installation, le mode de fonctionnement, la durabilité du système, l’impact sur la faune et la flore…
Aucune idée de la physique qui est derrière, comme peut on se faire une opinion. Encore un gadget.
Positionnement par rapport à HACE de Jean Luc STANEK, LE MEILLEUR HOULOMOTEUR AU MONDE ?
Que des commentaires négatifs !
Alors merci pour utiliser l’énergie des vagues avec des balanciers et des bidules qui fabriquent de l’énergie électrique ….